Angola, Congo, par Marc Mapingou

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Depuis quelques jours, les Mapingou et autres à coups de post sur le net et des déclarations fracassantes font peur aux congolais au sujet de ce que l’arrestation probable de MOKOKO entraînera l’agression du Congo par l’Angola. Ces contres-vérités sont véhiculées par des petites gens à la mémoire courte et au mental fragile qui ameutent la tranquille cité congolaise.

Concernant Mokoko et son affaire

Il est bon de savoir que Jean Marie Michel Mokoko est un congolais justiciable comme tout autre. Lorsqu’un citoyen congolais fusse-t—il général a des soupçons graves qui pèsent sur lui pour des infractions qu’il est susceptible d’avoir commis ou tenté de commettre, y a quel drame à ce qu’il s’explique devant la justice de son pays ?

Le mauvais procès c’est de mettre la charrue avant les bœufs en criant à la victime alors que l’intéressé est obligé de déferrer aux convocations de la justice pour se laver, pourquoi pas des soupçons qui pèsent sur lui.

En plus, Mokoko a reconnu l’existence de la vidéo en question et en avoir parlé avec les Ministres Ayessa et Okemba. Il n’y a qu’eux qui savent ce qu’ils s’étaient dit là-bas. Pour la manifestation de la vérité, le procureur pourra les entendre comme témoins, puisque c’est Mokoko qui les cite.

Toujours d’après les déclarations de Mokoko, le Président Sassou avait banalisé cette affaire. D’où le tient –t-il, qui le lui avait dit ? Si on raisonne selon ses propres déclarations, ça donnera ceci :

En effet, la chose que Mokoko a oublié est que dès ce moment-là, le président pouvait le considérer comme un traître voire un ennemi, mais il ne l’a pas fait comme c’est le cas de tant d’autres sur lesquels il sait des tas de choses, mais en père de la nation, ne parle pas.

De même, Jean Marie Michel Mokoko a simplement ignoré qu’à partir de cet instant, le président le tenait, pourtant il ne lui a pas retiré sa confiance, bien au contraire, il l’a élevé de nouveau. C’était désormais à Mokoko dans sa pratique au quotidien de s’affranchir de cette faute si telle, il la considérait.

En revanche, si lui considère qu’il a été piégé, pourquoi est-il resté silencieux, pourquoi ne l’avoir pas dénoncé plus tôt et se démarquer comme il l’a fait maintenant. Pourquoi avoir attendu que l’affaire éclate au grand jour pour parler de piège.

Voilà quelques questions que la justice tentera d’élucider pour l’intérêt de tous. En conséquence, il a l’obligation de se présenter sinon on l’y contraindra par la force, c’est la procédure pénale qui le veut ainsi.
Donc, Jean Marie Michel Mokoko n’est pas d’office inculpé, c’est à lui d’aller faire la lumière et permettre que les convictions des uns et des autres se fassent à cet effet.

A propos de Marc Mapingou

Ce dernier qui claironne sur tous les toits rêve plutôt. Que représente-t-il pour le pays, où a-t-il déjà fait ses preuves, lui qui passe son temps à raser les salons somptueux et les palais tel un renard à l’odeur alléché.
On ne va pas brûler le pays pour un individu non encore incriminé et qui refuse de se présenter à sa justice. Lorsqu’on veut prétendre diriger un pays, il faut un minimum de civisme et de loyauté.

A cette étape Mokoko en est très conscient, il sait aussi qu’il ne peut pas impunément braver la loi et exposer des innocents à cause d’un entêtement insensé. Il est encore lucide pour ne pas franchir le rubicond.

Si Mapingou Marc était un bon stratège, il n’allait pas conseiller au Président Lissouba de se brouiller de sitôt avec le PCT qui l’a aidé à accéder à la magistrature suprême dans un environnement d’équilibres précaires de la nation.

Il n’aurait pas permis que le président Lissouba se rende inopportunément au Rwanda en août 1997 alors qu’il était attendu à Libreville par ses pairs.

Il n’aurait pas permis au Président Lissouba de contracter avec Exon au nez et à la barbe de Elf, acte vécu comme un affront par le partenaire traditionnel, ayant provoqué son aversion envers Lissouba au point de demander justement à Mokoko de renverser son pouvoir. Ça aussi les éléments existent et on peut vérifier.

Quant à la soit disant intervention de l’Angola, quelle chimère ?

L’Angola est un pays souverain comme le Congo et les relations qui lient les deux pays sont celles d’Etat à Etat. L’Angola est un pays ami du Congo de longue date. Les présidents Sassou et Dos Santos entretiennent des relations cordiales et fraternelles à l’image des deux pays.

De ce qui s’observe, l’Angola dont on ne connaît pas des velléités d’agression d’autres Etat ou Etat voisin ne peut s’engager dans une guerre extérieure pour rien. Il est préoccupé par le bien- être du peuple angolais qui n’a rien à avoir avec la situation interne au Congo.

Ce que Marc Mapingou ne sait pas, c’est que l’intervention des angolais dans le conflit congolais répondait non seulement à la demande de son allié Sassou-Nguesso, mais également à un choix géostratégique.
L’Angola avait en interne un problème à régler celui du rebelle Savimbi. Pour cela avant de le chasser de son fief de Jambo, il fallait lui couper les arrières, toutes les issues de ravitaillement, de replis ou de dégagement. Or Lissouba en ayant choisi de pactiser avec Savimbi a mis le Congo dans la ligne de mire où se trouvait déjà la RDC qui servait de base arrière à l’Unita de Savimbi au temps du Zaïre de Mobutu.

Ainsi courant 1997, l’Angola intervient en RDC et au Congo, rassuré par ses accords avec l’Afrique du sud grâce à la médiation de Sassou 1, renforçant et concentrant ses troupes à la frontière avec la Zambie, a donné l’assaut de Jambo, pour contraindre Savimbi à sortir du pays sans possibilité de retour ou le rendre fugitif sur les terres angolaises et le cueillir comme il l’a fait.

Après avoir mis hors d’Etat de nuire le rebelle Savimbi, l’Angola n’a donc aucune raison d’agresser un pays voisin en plus allié.

Lors de la guerre du 5 juin 1997, le pays était en crise en pleine guerre civile, chaque partie au conflit avait ses stratégies et ses alliés.

Lissouba avait Kabila père et Savimbi ; Sassou l’Angola qui plus est, est intervenu à la fin du mandat constitutionnel du président Lissouba, c’est important à souligner.

Le tableau actuel n’est pas le même, le Congo n’est pas en crise ni en guerre, l’Angola est toujours l’allié du Congo de Denis Sassou- Nguesso, ne vous en déplaise !

 

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