Quelle chance de réussite pour l’ accord de Kinkala du 23 décembre 2017?

9 mois déjà
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Le 23 décembre 2017, un accord de cessez- le feu a été signé entre le gouvernement et le représentant du pasteur rebelle Ntoumi en la personne de Gustave Ntondo.

Cet acte qui devait être vécu comme un grand pas dans la recherche de la paix est plutôt pris en otage par les radicaux de tous bords pour se faire entendre.

D’aucun le recuse, notamment Massengo Tiassé devenu semble-il le representant de Ntoumi à l’ étranger  qui tempête sur tous les médias, une certaine tendance sur la toile s’en délecte, l’opposition à Brazzaville semble prise de court et le dénonce, tandis que Tsalissan Okombi des partis du centre exige la traduction en justice de Ntoumi.

Tout ce théâtre se déroule devant les regards médusés des populations déplacées du Pool qui n’ attendaient que ce moment pour rejoindre leur village et reprendre une vie normale.

Dans un tel climat, cet accord a-t-il un avenir?

Oui, dans la mesure où la paix reste inéluctablement au dessus de tous les intérêts  partisans.

A cet effet, l’UA à travers un communiqué du président de la commission a pris acte de ce dernier.

Il en est  de même pour le député Parfait Kolelas dont le mouvement politique Yuki a pour fief électoral le théâtre des opérations, y compris d’ autres partis politiques, et bien sûr la caution du gouvernement sous l’oeil bienveillant de Denis Sassou-Nguesso président de la République.

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À priori le gouvernement a dû se résigner au nom de la paix à signer un accord  conjoncturel de cessez-le feu alors qu’aucune guerre n’a jamais été déclarée.

Ceci afin de rassurez toutes les parties prenantes sans préjudice pour l’ordre public, dans l’intérêt de tous et des bandits armés, qu’aucun coup de feu ne sera plus tiré.

Si tel est le prix de la paix pourquoi pas.

La question qui se pose est celle de savoir si cet accord devrait prendre en ligne de compte les questions politiques générales dont la libération des prisonniers politiques, le dialogue inclusif de toutes les forces vives de la nation.

Le problème de l’opposition c’est qu’elle n’a jamais mandaté Ntumi pour être son bras armé.

En plus, son allié politique de circonstance lors de la présidentielle de 2016 Parfait kolelas a choisi la voie républicaine, celle de la loi.

Plus est,  Ntoumi a toujours clamé tout haut avoir été agressé par le pouvoir et qu’il résistait en n’ayant semble-t-il pris l’initiative des attaques que lorsqu’il ne pouvait plus faire autrement. 

Il s’agit donc d’une question bien

circonscripte qui concerne la paix troublée dans une partie du département du Pool.

Ainsi, on peut affirmer que cet accord sans préjudice pour la résolution des autres questions politiques et économiques du pays est à son endroit.

Il s’agit d’un  processus qui peut très vraisemblablement  être long et les termes génériques seront la base de discussion au sein de la commission mixte qui sera mise en place à cet effet en attendant que la confiance et la dynamique se mettent  en place, à en croire Gustave Ntondo qui répondait à une question d’un médias sur la caution de Ntoumi à cet accord.

Même si certaines officines politiques font feu de tous bois pour pousser Ntoumi à dénoncer cet accord, ce qui serait un point d’ honneur pour eux, ce dernier fait bien d’observer car

sur les épaules de Gustave Ntondo repose une très lourde responsabilité.

Mais, cet homme a prouvé sa fidélité à Ntoumi dans les moments les plus difficiles où ils étaient traqués pour rébellion en défiant  l’Etat.

A cet effet, l’opportuniste Massengo Tiassé  est mal placé pour médire de lui et contester sa notoriété auprès de Ntoumi.

NToumi en quête de raisonnance internationale a besoin du haut parleur Massengo Tiassé qu’il tolère sans oublier dans quelle assiette il a mangé. En revanche, Massengo Tiassé profite de cette occasion  pour justifier son séjour d’ exilé en France et les prébendes qu’il reçoit là bas.

Entre temps,  la déclaration tonutruante  publiée par Okombi Tsalissan tendant à récuser l’accord, sans qu’ il n’aie le monopole de la vérité ou du bon sens, tout comme certains autres avant lui, peut  être considérée comme une pression sur Ntoumi, afin que ce dernier entende raison et prenne définitivement  l’option de l’accord.

En tout état de cause, toute autre option l’isolerait, le marginaliserait davantage et l’exposerait à la traque.

Pour le moment c’est lui et ses miliciens qui végètent de forêt en forêt, pendant que les Tiassé et autres qui prônent la radicalisation sont au chaud en Europe espérant faire perdurer cette situation pour en tirer davantage profit à l’instar de la situation dans l’ Est de la Rdc.

En réalité, Ntoumi est préoccupé par sa propre situation et il devait en être rassuré par l’accord qui le fait changer de statut illico presto où il passe de fugitif recherché par un mandat d’ arrêt  à celui de partie au conflit ou partenaire, c’est selon. 

Ce statut l’exonère d’être interpellé ou neutralisé au besoin. De ce point de vue, son cas personnel sera sans nul doute examiné au sein de la commission mixte.

Au delà de toute considération, ceci est à mettre au compte du gouvernement sous pression du FMI ou non, il faut bien que les armes se taisent et que les enfants du Congo cessent les querelles et se mettent ensemble pour l’ intérêt de tous.

Un peuple doit toujours  être guidé. La sagesse voudrait que l’on donne la priorité au Congo en privilégiant la paix. Le radicalisme teinté du tribalisme, de repli identitaire, de règne des clans entretiendra la haine, les frustrations, l’esprit de vengeance et fera reculer le Congo.

Quel homme politique congolais peut se prévaloir de  n’avoir jamais fait mal au pays, qu’il ne s’est jamais trompé autant qu’on ne le tolère pas aujourd’hui à Sassou-Nguesso.

Quel homme politique peut se lever aujourd’hui pour garantir qu’en arrivant au pouvoir il ne sera pas l’otage de sa tribu ou de sa région.

Même André Milongo qui l’ a refusé dans sa première déclaration après son élection au poste de 1er ministre à l’issue de la conférence nationale en a été victime.

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Certains de ses partisans ont été tués par des fanatiques intolérants pour le fait qu’ il a osé se présenter à la présidentielle de 1992 face à Kolelas, le messie non accompli.

Le président Pascal Lissouba élu démocratiquement en 1992 à la magistrature suprême a été pris en otage par la bande des 4, tuant ainsi tous les espoirs d’une nation réconciliée.

Il fallait être ressortissant des cercles, ethnies et régions au « pouvoir » pour occuper certains postes de responsabilité. Cette pratique vit depuis la nuit des temps au Congo et ce, jusqu’à nos jours.

Même au sein du FROCAD en quête du pouvoir seulement à l’orée 2015, des pratiques tribalo-ethniques se sont tellement fait jour au point de dépiter certains qui ont dû rendre le tablier comme Marion Mandzimba.

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Mais, personne n’est dupe, le peuple a trop souffert de ces égarements, il faut lui offrir la paix.

C’est ainsi que cet accord a juste fixé les termes de référence d’un processus qui peut être long, mais aura l’avantage de restaurer la paix  et d’affirmer l’autorité de l’Etat sur toute l’étendue du territoire national, ouvrir des perspectives de façon progressive en vue d’assainir le climat national sur tous les plans en abandonnant les égoïsmes, les égos, la haine et les intransigeances, n’en déplaise aux radicaux de tous bords. 

Eteya biso!

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