Claude Ernest Ndalla peut-il se soustraire de la gestion du pouvoir de Denis Sassou-Nguesso ?

6 mois déjà
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Sur les réseaux sociaux circule une vidéo  de Claude Ernest Ndalla cet icône de la politique nationale dans laquelle il s’ érige en juge et donneur de leçons à Denis Sassou-Nguesso et à son système.

Rappelons que Ndalla est en France pour des raisons de santé et bénéficie des soins médicaux aux frais du contribuable congolais.

Tout autant qu’ il est libre de ses opinions, cette déclaration est moralement indécente.
Elle relève simplement de la trahison.

Ernest Ndalla peut- il se soustraire de la gestion du pays par le système Sassou ces 20 dernières années au moins?

Il est jusqu’à preuve du contraire encore aux affaires, car ce n’est pas pour paraître qu’il occupe le poste de Délégué Politique auprès du Président de la République, avec rang de Ministre, en dépit de son âge très avancé.

Il fait partie de cette race de politiques congolais qui ne veulent pas quitter le devant de la scène même au crépuscule de leur vie, et que Sassou doit ménager et maintenir aux frais de l’ Etat dans une sorte d’écurie de  malades et de pensionnés de luxe.

Cette attitude d’Ernest Ndalla rappelle à la mémoire des congolais les soubresauts de la politque congolaise faite d’ opportunisme, d’hypocrisie, d’ esprit revanchard.

Ce pays a de tout temps été écartelé, saigné, meurtri par cette intolérance, cette inconstance de sa classe politique, faite essentiellement de cette génération de sexagénaires et septuagénaires qui se sont accrochés aux affaires de l’ État depuis la fin des  années 60 jusqu’à ce jour, en ayant pratiquement  pris en otage le pays et refusant d’assumer leur part d’histoire.

Ils ont au gré de leurs intérêts égoïstes opposé, divisé les congolais dans des manipulations sordides ayant gravement mis en péril l’unité nationale et la cohésion du pays. Ils ont souvent pris repères dans leurs fiefs et viviers naturels qu’ils s’en servent juste pour venir aux affaires.

Ainsi, au milieux de toute cette classe politique qui a fagocité la République, Sassou-Nguesso apparaît finalement comme le plus constant des hommes politiques du Congo, car ne naviguant pas à vue dans une attitude interlope propre à la majorité de notre classe politique.

Au sommet de l’État, soucieux de fédérer autour de lui des cadres pour gérer la chose publique, il a malheureusement et toujours été trahi comme vient de le faire encore une fois de plus Ndalla.

Mais bien loin de ce que on peut lui prêter, le Président a un atout, celui d’être le témoin privilégié de l’histoire de ce pays. Il connaît de fond en comble tout le personnel politique qu’ il a pratiqué chacun à telle ou autre époque de la vie du pays.

Au centre de toutes ces turpitudes nationales Sassou-Nguesso reste et demeure imperturbable politiquement.
C’ est ce qui fait sa force et sa crédibilité, même dans une situation morose comme celle que traverse actuellement le pays.

Lorsqu’un Ndalla, collaborateur à ce jour de Denis Sassou-Nguesso lance un tel pavé dans la mare, il y’ a forcement quelque chose qui ne cloche pas, où simplement, il y a un agenda caché:  au peuple d’être sur ses gardes.

On ne peut pas prétendre présider aux destinées de tout un peuple, sans être constant dans ses convictions et conséquent dans ses choix.

Tout au long de l’ histoire de ce pays, l’on a assisté à cette sorte de valse où au gré de leurs intérêts souvent personnels, les hommes politiques ont fait, défait les alliances, provoquant  troubles graves, changement de régime, morts des inoncents et traumatisme des populations, qu’ils balaient par un détour de phrase: « La bêtise humaine ».

Quelques exemples plus récents illustrent ces pratiques.
En effet, lorsqu’ en 1992, Sassou-Nguesso quitte les affaires, s’adressant à ses collaborateurs, parlant de l’histoire du pays et du passé subversif de Kolelas Bernard, de son activisme contre la République, on est surpris de le voir  s’allier à ce dernier, qui n’ a pas manqué de le trahir de nouveau.

Mais au nom des intérêts supérieurs de la République et de la paix, il lui a tendu de nouveau la main. Ce dernier repose en paix et Sassou est resté fidèle à ce qu’ils s’étaient convenus.

De même en 1990, tous ses anciens camarades du PCT, Pierre Nzé, Thystere Tchicaya, Ange Edouard Mpoungui, Clement Mouamba, Bokamba Yangouma, Poaty, Mierassa et autres quittent le navire PCT, Sassou reste seul avec des jeunes loups comme François Ibovi, Lefouoba, Charles Bowao, des anciens comme Lekoundzou et certains autres, et assume tout après  la bourrasque de  la conférence nationale.

Revenus aux affaires par les armes, au nom de la paix, dirigeant politique visionnaire, il enterre la hâche  de guerre et pactise même avec ses ennemis les plus redoutables.

L’ ancien ministre de l’ intérieur de Lissouba,  Martin Mberi entre au gouvernement post conflit à la grande surprise de tous, alors que c’ était le gouvernement des vainqueurs.

Entre 1998 et 2000, le pays est en proie à la guerre qui a ravagé une partie du territoire national.
Bien que les insurgés étaient en perte de vitesse, Sassou a choisi de privilégier la solution pacifique.
Il a organisé le forum national,  le dialogue pour la paix, accepté les accords de paix et de cessation des hostilités. Le pays avait retrouvé tant soit peu ses équilibres.

Toujours au nom de la paix, il a nommé le guerrier Moukanda au grade de général,  tandis que les Charles Richard Mondjo  et autres qui ont combattu à  ses côtés sont restés   dans les starting-blocks, provoquant parfois des humeurs chez certains.

Constant dans sa démarche de paix, il a nommé au gouvernement Claudine Munari qui ne vendait pas chère sa peau lors de la guerre du 05 juin 97, pendant que ses partisans et ceux de sa majorité se plaignent de n’ avoir pas eu leur part du gâteau.

Sassou n’ a jamais été aussi bon que lorsqu’il est décrié, et ceux qui le combattent de l’ intérieur comme de l’ extérieur par la calomnie, la diabolisation et les contre vérités montrent en réalité leur impuissance à le faire autrement.

Pour revenir à l’episode de Bernard Kolelas, celui-ci a tenté d’ apprivoiser sans succès la transition de 1992, il a plutôt introduit la violence dans la cité.

Lissouba a été piégé et embrigadé par les siens qui ont fini par exacerber l’ intolérance,  le sectarisme, le tribalisme et embraser le pays.

A la présidentielle de 2016, se sont opposés à lui des candidats dont André Okombi Salissa, Parfait Kolelas qui ne sont autres que « des enfants de la maison » déçus de leur mentor pour avoir été repudiés et perdus leurs privilèges.

En tout temps, les dirigeants politiques se sont toujours servis de leurs tribus, de leur département pour s’élever provoquant des comportements sectaristes, de repli identitaire fortement tribalisés.
Les législatives qui pointent à l’horizon ne vont pas déroger à la règle, car c’est la constance au Congo.

Dans un tel tableau où les élections  constituent souvent des moments de déchirement pour le pays, où les haines, les ressentiments, les frustrations, l’ esprit revanchard couvent sur les plaies non cicatrisées de la parenthèse douloureuse de l’ histoire recente du pays, ce discours de Ndalla Graille sonne comme une alerte pour retourner le couteau dans la plaie, raviver les tensions et installer le pays dans un nouveau cycle de turbulences politiques dans une atmosphère nationale socio- économique très précaire.

S’ il  est exclu ou hasardeux de mettre le pays dans les mains inexpertes, ce qui explique en partie la longévité aux affaires de Sassou-Nguesso, les cercles de la mouvance présidentielle ont-ils eux compris cette dynamique, où se perdent-ils également dans des comportements radicaux, sectaristes contre lesquels ils se sont toujours battus et sur lesquels ils ont toujours eu raison, permettant à Sassou-Nguesso d’incarner le rassemblement, l’unité et la cohésion  nationales?

Mais dans la situation politique nationale actuelle, l’observateur averti peut se poser la question de savoir si l’on  appartient à un camp politique par conviction, reconnaissance, par appartenance éthique, tribalo- régionaliste, ou par affectation?

De ces  dimensions qui font l’ objet de notre interrogation, ce sont les deux dernières qui font le lit de l’intolérance, de la haine, des frustrations et du repli identitaire.

Au lieu de tenir des discours sulfureux sur des braises, chacun des alliés ou partisans de Sassou- Nguesso, Ndalla et autres savent que tant qu’ils ont été ensemble et unis, la victoire leur a toujours souri.

Le 5 février 1979 en est une profonde illustration.
Par cette image désormais repère important de l’histoire du pays, à la veille des législatives, il aurait été plutôt intéressant d’ appeler le président Sassou à  poser des gestes politiques forts, à rassembler, réconcilier sa famille politique, à composer dans la différence, dans un environnement politique national apaisé, pour des victoires encore meilleures, au nom de l’intérêt de la paix et de la prospérité du Congo.

L’alternance dans les circonstances actuelle doit être avant tout générationnelle, pour qu’enfin cette vieille classe politique faite  des Ndalla et autres qui a tant saigné le pays  le laisse en paix.

Dans une situation de péril national, où l’on peut affirmer sans aucun doute que la classe politique congolaise actuelle a tant fait du mal au pays qu’elle ne l’a édifié, il serait préférable de prendre le meilleur des pires et pour le moment Sassou apparaît comme celui à qui la mission d’assurer les équilibres actuels et le passage de temoins convient le mieux.

Eteya biso!

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