CONGO-B! Qui a peur de l’audit sur la gouvernance et la corruption?

10 mois déjà
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Le Congo traverse une situation économique sans précédent, ce qui n’est plus d’ailleurs qu’un secret de polichinelle.

Les congolais la peur au ventre assistent au jeu de cache cache entre le gouvernement et le FMI d’où plusieurs échanges  n’ont accouché que d’une souris, pendant que les effets de la crise se font plus ravageurs dans tous les secteurs de la vie nationale.

Ainsi, dès le  retour de son voyage en France au cours duquel il a pris  langue avec les milieux d’ affaires, de la politique et de la haute finance, le Président s’est résolument engagé à prendre des mesures tendant à resorber la situation par des négociations et une meilleure collaboration avec les services du FMI.

De ce qui précède, la revue du FMI à Brazzaville du 4 au 20 décembre 2017 conduite par monsieur Abdul Aziz Wane a dressé un rapport dans lequel il encourage le pays à recruter des conseillers financiers, à alleger le poids de la dette, à procéder à l’ audit de la gouvernance et de la corruption, et de même à assainir le climat général devant permettre une meilleure sortie de crise.

Afin de montrer sa bonne foi, le gouvernement s’est immédiatement mis à l’oeuvre en signant ce jour un accord de cessez le feu pour restaurer la paix dans le Pool, et par delà permettre le retour des populations dans leurs villages respectifs et la libre circulation des personnes et des biens, en commençant par le ramassage des armes.

Cet engagement est inestimable sur la voie des solutions, mais le pan économique avec la dette abyssale que traîne le pays constitue le noeud  à dénouer pour un appaisement total et une sortie de crise réussie.

En réalité  ce n’est pas en soi la dette qui rend ombrageux le peuple à l’egard du gouvernement, ce sont plutôt les écarts criards entre cette dette et les réalisations sur le terrain.

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Or que constate-t- on?

la commission mise en place par le gouvernement pour négocier avec le FMI comporte en son sein les germes de son auto destruction. Elle est minée d’office par des clans sur fond de conflits d’ intérêts, et ne rassure pas de garantir véritablement les intérêts du Congo.

En effet:

Lucien Ebata qui représente le Président de la République risque d’être récusé dans les négociations pour le fait d’être en même temps créancier  et négociateur pour le Congo.

Le tandem Gilbert Ondongo-  Jean Jacques Bouya  dispose des soutiens dont

Paul Malié DEP au ministère des Finances;  Ngakegni DG de l’Économie;

Ikiemou Théodore DG CCA.

Pour le compte du 1er Ministre figure

son directeur de cabinet Rigobert Maboundou.

Il apparait clairement que le clan du tandem Ondongo- Bouya semble majoritaire et est foncièrement opposé à un audit des finances et surtout à une révision à la baisse par déquote de la dette .

Au plan pratique, 100% de la dette repose sur la responsabilité individuelle des acteurs particuliers, stigmatisés par l’opinion publique :

65 %  du budget des  investissements ont  été gérés par le Ministre  Bouya et son département des grands travaux.

35 %  sont répartis entre la SNPC pour les prêts gagés et le Ministre  Ondongo pour la dette intérieure plus  le fond des générations futures qui s’est miraculeusement  évaporé.

Il est évident que les institutions financières internationales et l’opinion avertie qui ont bien compris où est le noeud de la faillite du Congo attendent que le Président de la République écarte du processus décisionnel du Congo  les acteurs qui y sont impliqués, sans quoi, il sera taxé de cautionner leurs odieux agissements, et aucun soutien du FMI et des bailleurs des fonds par conséquent ne pourra être accordé.

La déclaration de la mission du FMI met clairement en orbite ces conditions  ce qui explique l’issue sans accord de cette dernière mission de décembre 2017.

Plus est, lorsqu’on entre dans les détails de cet endettement, un congolais patriote ne peut s’empêcher de demander à voir clair dans cette situation sans que ça ne soit nécessairement un acharnement contre ces gens là. Mais juste un devoir de responsabilité, d’ interêt national et de clarté.

Il importe de savoir que 80% des recettes de l’ État proviennent du pétrole.

En effet,  la production nationale du Congo est 270.000 baril par  jour ×  360 = 97.200.000 barils l’an.

Or  un cargo = 980.000 barils soit plus ou moins100 cargos  l’an:

Quelle répartition:

6 cargos affectés à la SNPC pour son développement.

5 x 12 = 60 cargos pour le service de la dette chinoise dans le cadre du partenariat stratégique avec  Eximbank Chine.

D’après nos sources, un cargo sur 5 est systématiquement détourné, et

34 cargos affectés au fonctionnement de l’État que complètent les recettes fiscales et douanières.

Il nous revient que pendant la période  de l’embellie pétrolière,  5 cargos de pétrole soit  environ 500 m $  étaient payés à la Chine chaque mois  pour couvrir les grands travaux réalisés au Congo.

Mais 20 %  de commission était prélevée, soit 1 cargo sur 5 prenait une destination inconnue pour alimenter vraisemblablement des comptes privés.

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L’hyper facturation, les marchés fallacieux ou de gré à gré  ont permis de justifier les colossales sommes détournées en  gonflant les montants des travaux ce qui équivaut pratiquement à la dette chinoise soit 4,5 milliards de USD.

Par une simple déduction l’on peut comprendre que 12 cargos sont au moins détournés chaque année. Notons que cette pratique court depuis 2008 sans que cela n’inquiète  personne.

Si en terme de revenus, l’on prend la moyenne du prix du baril à 80$, un seul cargo rapporte au moins 80 millions USD, il y en a 100 par an.

On vous laisse le soin de calculer le manque à gagner pendant ce laps de temps.

Ainsi, auditer les contrats chinois revient à exposer les auteurs, d’où leur opposition farouche.

Par ailleurs, concernant le fonds des générations futures,  la banque portugaise qui détenait une part importante de ces fonds a fait faillite. Gilbert Ondongo le Ministre des finances de l’époque  n’a jamais engagé des poursuites judiciaires contre celle ci, lui-même étant empêtré dans une affaire scabreuse dans ce pays.

De même, la dette intérieure commerciale n’a jamais été quantifiée avec précison,  la liste des opérateurs économiques et les montants  dont l’ Etat est redevable ont  été occultés et surtout les ouvrages réalisés non pas  été   clairement identifiés.

Un tel audit exposerait également les auteurs. 

En outre, les prêts sur gage pétrolier représentant près de 2.5 milliards USD soit 25 cargos qui devraient être livrés au bailleurs, l’usage des fonds demeure un épineux problème car les fonds devaient servir à couvrir des investissements pétroliers notamment pour  la construction d’un pipeline entre PNR et BZV afin de résoudre le sempiternel problème de fourniture de carburant. Or  aucun investissement important du secteur n’a été realisé.

Devant ce sombre tableau relevant d’un certain cynisme du fait de quelques individus au sommet l’Etat, le pire est que dans la situation actuelle, vu que le remboursement des dettes contractées est en cargo de barils, tant que le baril était à 100 $,  le nombre de cargo était soutenable.

Mais à 50 $ par baril aujourd’hui, le nombre de cargo est à  multiplier par deux, d’où la dette devient insoutenable comme l’ affirme le FMI qui somme le Congo de  procéder à un allégement via des audits sur la gouvernance et la corruption.

Alors que faire? impérativement :

– auditer les contrats passés avec les entreprises chinoises pour en déceler  les vrais montants,  car il existe assuremment un écart ( environ 12 cargo l’an )entre les montants présentés par le gouvernement ( grands travaux) et ceux des entreprises chinoise elles-mêmes.

– Pour les traders, étant donné que les fonds ont été consommés, il faut simplement prolonger  la durée de livraison des cargos deux à trois fois la durée initialement prévue et ensuite libérer certains cargos au fonctionnement de l’État avec un train de vie réduit.

– Concernant la dette intérieure commerciale, il importe de la payer en priorité pour relancer le secteur privé national qui meurt mais avec des audits sur les travaux réalisés.

La survie du pays est à ce prix. Cette demarche garantie au mieux la préservation des acquis sociaux…

Eteya biso !

Gobrazza.com