Congo-B  La banque de sang manque de « liquidités »

4 mois déjà
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Derrière cette métaphore se cache un drame qui se joue en silence au Congo Brazzaville. On n’aura pas assez dit, autant la situation est criarde. La banque de sang manque de sang.

Le centre national de transfusion sanguine en sigle CNTS n’ arrive pas à alimenter les hôpitaux du pays en poches de sang.

La situation actuelle est tellement criarde que le sang fait défaut partout dans le pays, surtout  dans  les banques de sang du CHU, de Dolisie et de Pointe Noire, exception faite pour Oyo.

De surcroît, il n’existe aucune mesure compensatrice devant assurer l’approvisionnement, l’acheminement ou la distribution du sang dans les conditions requises d’un centre à un autre.

Les parents des malades doivent à leurs frais et selon leurs moyens rechercher le centre qui en possède dans le pays et faire venir les poches de sang dans des glacières par les véhicules de transport en commun.

Or le sang est un produit  très sensible et périssable qui requiert un emballage et conditionnement spécifiques à l’abris de la chaleur et autres parasites. Dans ces conditions hypothétiques de transport, pour ceux qui peuvent s’en procurer, il y a fort à parier que le sang arrive à destination sans aucune garantie de sécurité.

La plupart des femmes qui accouchent particulièrement au CHU-B présentent des œdèmes et sont dans l’attente inespérée d’une transfusion sanguine avec tout ce que cela comporte comme conséquences dramatiques.

Que de patients attendent d’être opérés faute de garantie de poches de sang?

Que de citoyens congolais sont ainsi exposés à la mort où sont morts pour une question de manque de sang?

Là aussi a-t-on besoin de l’intervention du chef de l’État pour régler cette question?

On se demande même si le CNTS a les capacités et les quits nécessaires pour recevoir le sang de tous les candidats à la donation? Il faut noter que les besoins en sang pour la seule ville de Brazzaville s’élèvent à 2500 poches par mois.

Cette situation perdure depuis quelques années. Empêtré lui-même dans des problèmes de gestion interne, tel un malade à l’agonie, le CNTS n’ a plus jamais pu retablir l’équilibre en cette matière malgré les grèves et les nombreux changements intervenus à la tête de cette structure.

Pourtant, les congolais semblent disponibles à donner de leur sang pour sauver des vies. On voit de temps en temps des campagnes de dons de sang à la télé. Chez les militaires, il suffit d’en faire la demande.

Le ministère de la santé est interpellé à se pencher sérieusement sur cette question apparemment anodine, mais tellement vitale. Il importe même de faire recourt à l’OMS pour solliciter des quits de poches de sang.

Pendant que nous mettons sous presse ces écrits des femmes, des hommes des enfants meurent faute de sang, d’ autres sont en attente de sang.

Cette question requiert au delà de tout un élan de solidarité nationale.

Eteya biso!

Gobrazza.com