AU CONGO-B LE MINISTÈRE DU COMMERCE TIRE SUR DES CADAVRES

7 mois déjà
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Si l’Etat est désespérément à la recherche des moyens pour renflouer ses caisses, cela ne doit pas être au détriment des pauvres petits commercants dont les chiffres d’ affaires ne font que baisser vertigineusement.

Pourtant, ceux qui resistent et participent au maintien des équilibres nationaux sont harcelés par le ministère du Commerce à coup d’amendes faramineuses allant de 500 000 à plus d’un million de francs cfa au fallacieux motif de vendre des produits non libellés en français, sur la base d’ une réglementation obsolète de l’époque coloniale. 

Celle-ci a été renforcée par une note de service de l’ ancien ministre du commerce Landry Kolelas, curieusement maintenue par le nouveau Ministre Alphonse Nsilou, au grand dam des commercants et petits importateurs natiinaux. Ceci concerne particulièrement les boissons et de nombreux produits d’alimentation dont les prix ont considérablement baissé, à la grande satisfaction des consommateurs en ces temps de vaches maigres.

Pour illustration, la boîte de lait Nido de 900g est vendu à 5000frs, voir 4500 frs au lieu de 6500 frs. De même le pack de boisson importée ( coca, fanta et autres) les prix ont baissé de 13000 frs à 8500frs. C’en est autant pour les bières importées que l’on trouve sur le marché presqu’au même prix que la production locale.

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Gobrazza dans 2 articles précédents avait tiré la sonnette d’alarme sur cette mesure à tous égards contre productive et d’un autre âge, dans un marché où les monopoles sont abolis et où le principe de l’offre et de la demande devrait être la norme.

Que cache en réalité cette mesure illustrée comme le ministère du commerce qui tire sur des cadavres?

D’aucun se rappelle le bradage il y a quelque mois des boissons importées particulièrement la 1664 affectueusement appelée la « 16 ».  Ceci est la conséquence de l’ arrivée sur le marché d’ autres bières importées prisées par les consommateurs et plus est, vendues à  prix défiant toute concurrence  et d’un contenant plus conséquent que celles fournies sur le marché par les importateurs attirés Brasco, Regal Park&shop.

L’opinion pensait qu’ avec l’ arrivée d’un intellectuel reconnu, qui plus est un proche du chef de l’ Etat à la tête du ministère du commerce, ce département prendrait de la hauteur.

Curieusement, il a emboîté le pas de l’ancien cabinet Kolelas dont une odeur de corruption plane sur les motivations réelles l’ ayant conduit à prendre cette mesure qui pénalise les commercants.

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Dans l’imaginaire des congolais,  le régime colonial français , se résume à la chicotte, à la privation des libertés.

Mais ce régime  était avant tout Concessionnaire avec des cultures obligatoires destinées à approvisionner les chantiers et entretenir le commerce

d’ exportation et d’exploitation, ainsi qu’à maintenir un certain nombre de monopoles accordés aux sociétés  françaises tels la compagnie française de l’ Afrique occidentale ( CFAO ).

Ainsi, les lois et les réglementations se devaient d’être totalement partiales et n’ être favorables qu’à la métropole d’où

l’obligation d’ étiquetage en français dans ce Congo colonisé.

De ce point de vue, il est  tout à fait incompréhensible que les Ministères du commerce, de façon particulièrement motivée et aussi curieux que cela puisse paraître, tente de préserver cet esprit de concession d’un autre temps, avec l’obligation d’étiquetage en français dans le contexte d’une économique de marché et en ces temps  de crise.

Ceci, en oubliant que l’interconnexion du monde est aujourd’hui totale, et que  dans le domaine du  commerce, la France ne s’exprime de plus en plus qu’à travers l’ Union Européenne.

Face à cette situation, le syndicat des commercants s’organise en vue de faire face à cette énième tentative du ministère du commerce à  les extorquer de nouveau et faire d’eux les boucs émissaires de la crise congolaise.

Pour rappel, l’ année passée, ce Ministère par ses services dont on se doute bien si l’argent a pris la direction des caisses nationles ou s’est évaporé, a prélevé entre  300.000frs et 600.000 frs  par boutique, pour une réglementation obsolète,  réactivée récemment, mais qui en réalité, date du moyen Congo.

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Au moment où le pays vit une crise aiguë, le devoir de l’Etat est de créer toutes les conditions pour la survie de la nation, mais ça ne sera jamais en tirant sur des cadavres comme le fait le ministère du commerce aujourd’hui. Trop d’ impôts tue l’impôt dit un adage bien connu des économistes.

Préserver l’équilibre du marché national  est une condition essentielle de la paix sociale surtout en ces temps de crise.

Eteya biso!

Gobrazza.com