Congo! Que cache l’opération de contrôle des effectifs de la fonction publique!

2 années déjà
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Le Congo va avoir droit à un énième contrôle des effectifs de la fonction publique dans un pays où sans jamais y parvenir,  leur maîtrise  a toujours été un enjeu. A t-on des raisons de croire au succès de celui annoncé ?

Le 1er ministre chef du gouvernement a lancé officiellement ce lundi 31 octobre l’opération  de contrôle physique des agents de la fonction publique.

Prenant la parole en premier, Aimé Bininga Ministre de la fonction publique a circonscrit dans l’ espace et le temps l’événement.

Ensuite il a décliné le but, l’ objet et le contenu de cette opération qui peut se résumer en ces mots : « fonctionnaires, où sommes nous, que faisons nous », avant de fixer l’opinion sur la procédure générale qui repose sur l’ identification en amont et l’enrôlement biométrique en aval.

Dans son propos, le 1er ministre a indiqué que ce recensement participe de la feuille de route tirée du programme de société du président de la République: la marche vers le  développement.

Il mettra un terme à la cour de récréation des agents mal utilisés, fictifs et autres. La maitrise des effectifs de la fonction publique est une exigence de bonne gouvernance et une garantie pour les agents pendant et après leur carrière, a t-il dit.

Il vise l’ assainissement des finances publiques, afin d’ assurer une meilleure gestion des carrières des fonctionnaires et à optimiser la prise en charge automatique de la retraite. Il s’agit d’ une approche crédible qui doit conduire à des résultats digne de foi a-t-il affirmé.

Ainsi, il a invité les agents à être cooperatifs et disponibles. L’ Etat ne saurait donner une prime à l’ indiscipline pour les agents ou responsables à différents niveaux qui tenteront de distortionner les procédures.
Ils s’exposeront aux sanctions prévues et punies par la loi  à cet effet a t-il prévenu.

Après quoi, il a procédé au lancement officiel de cette opération en remettant symboliquement  au Ministre de la fonction publique un échantillon de kit de contrôle prévu à ce sujet.

Mais, malgré la bonne volonté du gouvernement et l’ enthousiasme du ministre Aimé Bininga de la fonction publique, les congolais les attendent au tournant.

En effet, les précédentes opérations de contrôle n’ont pas donné les résultats escomptés, ce qui a pu faire dire à des observateurs avertis que de l’argent public  y a été inutilement englouti.

Plus de fracas que de résultats, l’Etat n’ a jamais véritablement profité de  ces opérations dont le but comme aujourd’hui a toujours été au moins la maîtrise  des effectifs et l’assainissement des finances publiques.

Or, il est de notoriété publique que l’ administration de la fonction publique est l’une des plus gangrenée au Congo.

Il y subsiste des circuits mafieux qui se nourrissent des travers des procédures administratives qu’ ils distortionnent savamment et volontairement selon des réseaux organisés à tous les niveaux.

Le recrutement est payant, les sommes vont de 500.000frs cfa à plus. Les quotas des ministères sont souvent ponctionnés, violés et envahis par des personnes ou des noms étrangers aux corporations concernées.

Même les personnes qui vivent avec handicap ont connu des ponctions de leurs quotas.

Le corps enseignant qui a bénéficié ces dernières années d’ importants quotas de recrutement est celui qui a également subi la plus grosse érosion de ceux-ci.

Ceci est non seulement le fait des agents de la fonction publique, mais aussi des magouilles internes aux administrations concernées et aux fractions syndicales qui ont toujours été impliquées dans ce travail.

D’autre part, certains chefs de services verreux, responsables des ressources humaines se sont enrichis à outrance  grâce à l’ argent qu’ils prélèvent d’office ou se font remettre par ces agents fantômes qui émargent à la fonction publique, mais ne travaillent nulle part.

D’ autres entretiennent des mines d ‘or faites de réseaux des fictifs qu’ ils couvent comme les oeufs d’une poule.

Ensuite au Congo, il faut compter avec les pesanteurs sociologiques qui favorisent les indisciplinés et les partisans du moindre effort au détriment des demandeurs d’emploi avec le phénomène des interventions. «  c’ est toujoursl’oncle, le neveu, le fils, la nièce de la mère du père du grand frère » et on peut ainsi citer davantage.

Ce n’ est un secret pour personne que pour intégrer la fonction publique il vous faut être parrainé,  passer par cesréseaux mafieux, ou quelque fois le droit de cuissage, au point où il est presqu‘ un miracle pour un diplomé sans emploi d’ accéder normalement à la fonction publique sans laisser de plumes.

Bien entendu que la fonction publique ne doit pas être le seul débouché pour l’ emploi des jeunes, faut-il encore qu’ il existe d’ autres alternatives.

Tenez, le dernier contrôle avait décelé près de 5000 fictifs. Quel pactole pour les finances publiques? A ce jour, ont peut toujours se demander où en est t- on avec cette affaire?

Un contrôle antérieur avait conduit à répudier des effectifs de la fonction publique quelques tricheurs connus sous le célèbre code A.

Mais cette histoire s’ est soldée par des procès où l’ Etat a perdu et a été sommé de réintégrer ces anciens tricheurs dans la fonction publique avec en prime le paiement parfois des dommages et intérêts.

Dans un tel environnement où les intérêts égoïstes sont mis en évidence, tant qu’ on ne s’attaquera pas en amont aux maux ci-dessus non-exhaustivement répertoriés, l’ on organisera les meilleurs contrôles du monde, mais, on tournera toujours autour du pot.

Toyokani’

Gobrazza.com