Convertibilité directe du yuan en cfa, c’est faux! Comment comprendre ?

1 année déjà
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sassou chine

Depuis le dernier voyage en Chine du président Sassou-Nguesso et l’annonce de la signature d’un accord relatif à la convertibilité du yuan la monnaie chinoise, les commentaires vont dans tous les sens, les interprétations les unes aussi invraisemblables que les autres.

Les experts interrogés aux fins d’éclairer la lanterne de l’ opinion se sont évertués dans des explications trop techniques et savantes au point où, le citoyen lambda se trouve désemparé.

Gobrazza voudrait dans un langage très simplifié apporter l’ éclairage nécessaire à la compréhension de ce nouveau mécanisme.

Qu’en est -il concrètement ?

En réalité la Bsca a introduit UnionPay au Congo, un réseau de l’Asie, qui est l’équivalent de Visas ou Master card utilisés dans le monde entier pour les échanges et transactions financières.

En effet, UnionPay n’est rien d’autre que  China UnionPay (CUP),  qui est un organisme regroupant 175 banques ou institutions financières chinoises. Les cartes union pay sont acceptées dans 141 pays et régions du monde en dehors de la Chine depuis 2013.

Avec le bénéfice de ce service et la disposition de cette carte (union pay), l » opérateur économique ou l’ usager peut déposer ses fonds en cfa à Bsca et en jouir directement en yuan par l’entremise de la carte union pay que Bsca a introduit au Congo.

En possession de la  carte union pay, les usagers de la Bsca pourront faire leurs achats sans autres transactions dans l’ espace asiatique ouvert par  cette carte, notamment en Chine.

Les taux pratiqués seront relativement  moindres que ceux pratiqués par Master card ou ViSAS.

On peut donc dire malgré tout que la convertibilité directe yuan-cfa n’est pas possible pour le moment.
Mais la disposition de la carte union pay, permet  aux  usagers de la Bsca de faire leurs achats sans autres transactions dans l’ espace asiatique, notamment la Chine.

C’est la raison qui a conduit à l’implantation de la Bsca au Congo. Celle-ci prévoit un dispositif de compensation qui mettra en phase l’euro et les autres monnaies convertibles.

Le principe consiste à faire un dépôt en cfa à la Bsca pour acceder à l’espace asiatique.

Fait exceptionnel à souligner, pour le moment, c’est le seul partenariat du genre en Afrique, nonobstant la présence des banques chinoises en Afrique du sud.

C’est cette dimension transnationale et cette vision futuriste pour des meilleures opportunités de développement en Afrique, qu’il convient d’en  reconnaître  le mérite au président Denis Sassou-Nguesso.

Cette vision rendue possible en pratique par le président congolais est largement partagée par certains de ses pairs d’ Afrique dont certains comme Idriss Deby  n’ont pas hésité à envisager publiquement  l’ éventualité d’un espace monétaire africain.

Quel est l’ intérêt de cette Banque?

En raison de cet avantage les investisseurs africains en quête de capitaux chinois trouveront en la Bsca, l’interlocuteur tout désigné pour leurs transactions.

Voilà l’ intérêt de la construction de ce grand immeuble, son siège, qui se dresse  majestueusement au coeur du centre de la ville de Brazzaville.

La Bsca devient de fait l’ interface d’accès au capitaux chinois. Elle se trouve au Congo. Elle est née du fruit du partenariat économique  Congo-Chine par l’ entremise de l’ABC  (Agricultural Bank of Chine).

Exim Bank en signant un accord stratégique avec ABC (agricultral bank of china) permet à  Bsca d’avoir une capacité étendue de financement à travers le refinancement par Exim Bank.

Cette dernière est une banque d’Etat qui ne traite qu’avec les Etats. Or son partenariat avec Bsca via ABC permet aux fonds publics chinois d’ atterrir dans le secteur privé.

Ainsi,  les opérateurs du continent évoluant dans le secteur privé vont sans nul doute  affluer au Congo pour accéder à ces fonds chinois.

Mais cela n’exclut pas pas pour autant la convertibilité entre l’ euro monnaie à laquelle est adossé le cfa.

La banque de France (trésor français) détient  les réserves de change du Congo,  et dans ces conditions, quel que soit le cas, les transactions se feront toujours à  travers le compte d’ opération du Congo ou de la CEMAC à la banque centrale européenne.

Mais, en tout état de cause, l’accès à l’espace asiatique et aux capitaux chinois apparaît comme un atout inestimable qui pourra rendre plus performantes les économies africaines.

L’ Afrique dans son entierté devra s’ accommoder de cette nouvelle dynamique pour s’ affranchir des sentiers battus qui freinent son développement…

Toyokani?

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