Crise tout azimut! l’ Etat congolais existe -t-il encore?

2 mois déjà
4507 Lectures
Screenshot 2017-04-09 15.25.49

Un Etat se reconait par sa capacité à organiser les énergies sociétales, la vie de la cité, la production des biens, la garantie des Institutions, des libertés collectives et individuelles, la sécurité des personnes et des biens.

Depuis près de 20 ans, c’ est à dire juste après les conflits armés, le Congo peine à se remettre de  l’ évanouissement des valeurs  qui fondent une vie en société mises davantage en échec par les guerres récurrentes que le pays a connues.

Celles de 97, de 1998 à 2000 ont engendré des comportements nouveaux, plutôt étranges  dans la vie de la société  au quotidien.

Notamment, le goût effréné pour les biens, le replis identitaire, les ressentissements, la haine,  l’esprit de vengeance, la sédentarisation et personnification à de fonctions administratives, leur apprivoisonement et leur personnification, bref l’érosion des valeurs propres à un pays digne de ce nom.

Il faut ajouter à cela la crise économique qui frappe de plein fouet le pays avec un horizon assez ombrageux au vu des signaux qui s’ annoncent.

L observateur averti s’étonne  du silence assourdissant, sinon coupable de l’État devant cette crise tout azimut qui affecte le Congo.

Va t- on finalement donner raison à l’un des farouches opposants le Général Ngouelondélé qui en sont temps (2005), tirant sur la sonnette d’alarme, dénonçait la kyrielle des maux qui minaient le pays, affirmant ne plus reconnaître le Président qui selon lui n’ était plus suffisamment debout comme sous le monopartisme où il prenait son bâton de pèlerin pour donner des coups de barre au bateau Congo lorsqu’ il tanguait ou prenait de l’ eau?


Screenshot 2017-04-09 15.32.09

En réalité doit- on imputer tous ces travers au président de la République?Rien n’est moins sûr.

Mais à present, le cri de coeur et de détresse des congolais patriotes dépasse les simples revendications entièrement politiques des politiques de tous bords, car ce qui est en jeu est plus leur vie, leur bien être que le positionnement des politiques.

Du Nord au Sud, de l’ Est à l’Ouest, tout le monde reconnaît unanimement que le pays va mal. Quelles en sont les causes et comment sortir de cette situation?
Que font et que doivent faire ceux qu’on nomment  à des postes de responsabilité?

A ce niveau, l’ impression qui se degage est que rien ne bouge.  Apparemment à toutes les sphères de commandement et de direction, les gens semblent être occupés à autre chose, alors que le mal vivre des congolais s’ amplifie et les responsables à différents niveaux semblent s’ accommoder à cet état de chose.

Le président de la République est-il trahi ou  les choix sont-ils mauvais?

Autrement dit, comment comprendre cette sorte d’indifférence devant la détresse des congolais alors que les administrations, les sociétés et entreprises fonctionnent et sont dirigées.

Devant une multitude d’ interrogations et des inquiétudes grandissantes, les citoyens sont privés d’informations.

Juste un constat,  lors du référendum constitutionnel ou des campagnes électorales, des partis et dirigeants politiques, des associations, des mouvances ont pris des initiatives pour organiser des débat sur le sujet,  et pour  ce qui est des difficultés de la vie au quotidien et de la crise socio économique, aucune initiative.

Plus est,  le gouvernement  ne rassure personne, les investisseurs se font rares,  ceux qui sont en place  menacent de partir.

certaines structures après avoir abondamment licenciés  sont au bord du dépôt de bilan particulièrement à Pointe-Noire, selon le constat caustique et alarmant d’ Unicongo ( syndicat patronal). De même, les indicateurs de l’avenir immédiat ne sont guère reluisants.

Face à cette situation préoccupante,
aucune initiative visant à  mettre tout le monde autour d’une table pour l’examiner  et faire des propositions de sortie de crise.
Mais en définitive, un adage congolais dit » les branches cassées par les singes tombent sur le dos des éléphants ».

Le  président de la République déclarait dans l’un de ses récents discours qu’il ne laissera aucune énergie positive en marge de la gestion de l’Etat.

Or depuis lors, ces orientations sont restées stériles, qu’il s’ agisse de leur mise en oeuvre que de la rupture pour un Congo nouveau.

Ce dernier  concept est d’ ailleurs devenu un slogan utilisé à tort et à travers dans la cité pour plutôt  justifier  la crise actuelle que d’un contenu de code social visant à rompre avec les vieilles habitudes en acquérant des réflexes nouveaux pour une développement radieux du pays.

En attendant,  au quotidien personne ne communique, il y a pénuries récurrentes  de gaz, d’eau, d’ électricité  dans certains quartiers, de carburant,  personne ne vient informer la population, juste quelques tapages sur certaines situations de sécurité.

Dans les administrations, on assiste à toutes les distorsions des procédures sans que personne ne s ‘élève, notamment les départements en charge des différentes questions pour y mettre un terme.

Faut-il que le Président de la République s entreprenne à sanctionner les militaires indisciplinés?

Faut-il qu’il surveille et sanctionne tous les petits fonctionnaires véreux de Police, de la mairie, des services de douanes, des impôts et autres régies financières qui rançonnent au quotidien les commerçants et les paisibles populations.

Faut-il que le Président de la République surveille et sanctionne les agents de santé qui négligent les patients dans les hôpitaux, qui viennent en retard, les médecins qui détournent vers leurs cliniques privées les patients et malades des hôpitaux?

Faut- il que le président de la République bouche les nids de poule qui jonchent les artères des villes principales du pays et des routes nationales?

Faut-il que le président de la République veille à ce que la césarienne n’ est jusque là pas gratuite, malgré ses orientations à cet effet?

Pourtant, lorsqu’ il faut mal agir à tous les niveaux, les gens n’ attendent pas longtemps.

Est- ce le président qui a demandé aux ministres et autres députés de se faire des trésors de guerre en concoctant des marchés fictifs avec la complicité de certains opérateurs économiques sous l’oeil bien complaisant et motivé des agents de l’ inspection d’ Etat qui apposent leur signature sur des Procès verbaux de restitution des ouvrages, mais à blanc?

Est- ce le président de la République qui a disposé des milliards à certains agents des régies financières pour acquérir à Brazzaville et Pointe-Noire 5 à 10 parcelles chacun en un temps record, suivi des constructions d’ immeubles et achats de véhicules haut de gamme comme des champignons ?

Si c’ était dans un passé récent, les services de sécurité ou plus proprement le fisc aurait demandé à ces grands acquéreurs, ainsi qu’ aux petits fonctionnaires devenus riches de justifier simplement les sources de leurs revenus.

Lorsqu’un fonctionnaire de l’ Etat, quelque soit son rang acquiert des  biens meubles ou immeubles dépassant le milliard de frs cfa, sans justifier d’un prêt ou crédit en banque, est-ce  au président de la République de l’interpeller en l’espèce?

Est-ce le président de la République qui empêche aux magistrats d’ouvrir des informations judiciaires pour connaître des affaires notoirement délictuelles et qui parfois defraient la chronique?

On pourrait ainsi s’ amuser à égrener les exemples des cas de déliquescence dans lequel est plongé l’ Etat congolais, et qui mène le pays vers l’abîme.

Si l’ on n’y prend pas garde, l’ inconscience professionnelle, le laisser aller, la paresse, l’absentéisme, le goût effréné aux biens et à l’argent, le népotisme, tous ces maux et bien d’ autres risquent de gangrener pour longtemps encore la vie nationale.

Où est le sursaut d’ orgueil du congolais?…

Eteya biso !

Gobrazza.com