La Directrice générale du CHU de Brazzaville a t- elle vu le diable?

4 mois déjà
1890 Lectures
Screenshot 2017-06-28 15.58.35

Connue pour son franc parlé, sa ténacité et sa rigueur au travail, la venue de Gisèle Ambiero à la tête du CHU a suscité beaucoup d’espoir dans l’ interêt de redresser une structure malade et handicapée depuis sa création.

Screenshot 2017-06-28 16.03.12

Femme de labeur, elle a presque désenchanté en s’ étant confrontée à la réalité du terrain. Faute d’ être mieux écoutée par sa hiérarchie et son autorité de tutelle qui en plus a flanqué son CHU d’un audit,  elle a cru qu’ il était de son bon droit d’ exposer à travers une lettre ouverte au  chef de l’ État, les différents maux qui minent sa structure et empêchent son développement.

Chacun pourra aller de son commentaire. Mais quel que soit le sort qui sera réservé à la DG du CHU pour cette sortie médiatique pour le moins sulfureuse, elle aura eu l’audace et surtout le courage de mettre un coup de pied dans la fourmilière des circuits mafieux qui écument les administrations, structures et entreprises congolaises.

 Le Congo est devenu un pays des slogans parce que les tenants et les aboutissants de ces circuits, réfractaires aux changements jouent avec les mots, tant qu’ ils ont leur compte et s’ organisent à ce que cela soit ainsi. Ceci sans égard  pour la compétence, la performance et les résultats.

Le chef de l’ État a beau donner des orientations allant dans le sens du bien être du peuple et à l’affranchir des difficultés, rien à faire, ces réseaux solidement en place tirent le pays vers le bas.

Il s’ agit là aussi d’un certain état  d’ esprit d’une société en échec qui se manifeste à tous les niveaux de la vie sociale.

Pour illustration, le chef de l’État avait décrété la gratuité de la césarienne  (santé ),  de certains documents administratifs tel le passeport. Mais aucune de ces mesures n’ a correctement été  appliquée à cause de  l’ incurie des gens.

Au demeurant, tout ce que dame Ambiero a dénoncé fait partie des anti valeurs que le président de la République ne cesse de fustiger depuis fort longtemps.

On.peut se rappeler lorsqu’ il indexait les réseaux mafieux depuis Pointe- Noire dans les années 2000.

En réalité   la situation est presque identique dans les grandes

Entreprises comme la SNPC, la SNE, SNDE, le PAPN  qui sont des grandes ruches d’argent. Mais, il est incomprehensible que ces sociétés soient toujours à court d’ argent et privées de tout développent.

Il n’est un secret pour personne que ces sociétés sont les mères nourissières qui alimentent les réseaux mafieux qui tournent autour de certains milieux  hiérarchiques à differents niveaux et qui obtiennent des graciosites ( argent liquide, véhicules et autres avantages).

Pour revenir au CHU, comment comprendre qu’ une telle structure tellement indispensable par sa destination et pratique se meurt. Comment comprendre que les agents aient 3 mois de retard de salaire.

Comment peut – il faire face à l’ essentiel de ses charges en ne comptant que sur le budget de transfert correspondant à la subvention de l’ État.  Où vont les recettes du CHU?

Pourquoi autant de fournisseurs au CHU qui explosent le budget pour des résultats nuls?

Est -il normal que les comptes de la structure soient déficitaires  et que ses dirigeants à différentes période d exercice  s’ en tirent sans aucun compte, et que leur train de vie ostentatoire n’ émeuve personne.

L’ éthique professionnelle s’est tellement détériorée que pas grand monde ne se sent concerné par l’intérêt collectif.

Bien au contraire, les administrations ont été apprivoisées, privatisées, personnifiées.

Le paradoxe est visiblement  très grand entre les moyens que peut générer le CHU, la qualité de service qu’ il peut offrir et l’ état de délabrement dans lequel il se trouve présentement. La gangrène est à tous les niveaux.

Bien au contraire, l’ administration se complait à entretenir les réseaux mafieux, opérer les mauvais choix et organiser l’ évasion  des ressources, les médecins délaissent leur travail pour privilégier leurs cabinets en détournant les malades.

Dans les services, le personnel brille par sa médiocrité qui se manifeste par des soins approximatifs, le vol et rançonnage des patients.

Pourtant, ceux qui accusent madame Ambiero de vouloir récupérer les marchés et contrats à son  profit non seulement n’ ont montré aucun résultat pour toutes les ressources englouties depuis des années, mais aussi ne lui laissent pas le temps de donner les résultats suite à sa pratique ou nouvelle politique.

En réalité, ils craignent non seulement d’être dénoncé, mais surtout de perdre leurs avantages qui leur permettaient de se la couler douce au détriment de l’ établissement et des patients.

Le CHU de Brazzaville,  ses pratiques, son organisation, son fonctionnement sont décriés depuis des années sans que les choses ne bougent vraiment dans le sens de l’amélioration.

Le mauvais état des sanitaires, les porteurs des malades au dos, le manque d’oxygène,  d’eau potable, la pauvreté de la pharmacie, l’ absence de groupe électrogène, des produits de première nécessité sont le lot quotidien de ce grand tigre en papier.

Alors, que ce coup de gueule serve enfin à quelque chose!

Eteya biso!

Gobrazza.com