Entre Hojeij et le Congo qui doit à qui?

2 années déjà
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Depuis quelques années, et ces derniers temps de plus en plus fort, le Congo est harcelé, ses biens menacés, des personnalités nationales humiliées dans un amalgame sans précédant entre l’Etat, ses devoirs et obligations avec la vie des particuliers, par une certaine affaire Hojeij. Celle-ci a pris une dimension et des proportions exagérées, comme si le Congo était le seul Etat débiteur, encore qu’il faut le prouver.

L’affaire Hojeij montre combien le Congo est malmené de toute part en ces temps de crise.
Tous les mafieux se sont coalisés pour soutirer de l’argent au Congo. Quelle est cette dette partie de 100 millions et qui atteint aujourd’hui des sommes énormes de près d’un milliard de Dollars comme cela est rapporté aujourd’hui.

Même si l’Etat congolais doit à Hojeij comme n’importe quel Etat peut devoir à un créancier, bien malin qui citera le nom d’un Etat qui n’est pas débiteur.

Doit-on pour autant avoir le droit d’assigner à comparaître l’épouse du Chef d’Etat en mission pour son association et pour une cause noble, au motif de répondre de l’Etat congolais ou de justifier des biens supposés des membres de sa famille? Lorsqu’on sait qu’elle n’a aucune charge de l’Etat?

Des comportements ostentatoires individuels de certains membres de l’establishment peuvent-ils seuls suffire à justifier ce mépris?

Ceci n’est rien d’autre qu’un harcèlement, du mépris envers la souveraineté et l’honneur d’un Etat, simplement parce qu’il s’agit de l’Afrique.

Le fils à Fabuis est poursuivi aux USA, pour autant, son père n’a jamais été impliqué ou écorché dans ces affaires. Il y a comme ça plusieurs exemples à travers le monde.

Pour revenir à la dette d’Hojeij, l’Etat est une continuité, si cette dette a été contractée depuis 1983- 1986 pour des travaux soit disant effectués par son entreprise, pourquoi les pouvoirs qui se sont succédés au Congo: Sassou1, la transition, Lissouba, Sassou 2 et suite, n’ont- ils pas apuré cette dette?

La dette intérieure du Congo a été auditée à plusieurs reprises, la dernière fois en 2006. Qu’en est-il en réalité?

Pourquoi l’Etat ne communique pas en cette matière? Où est la fameuse entreprise COMISIMPEX? Peut-on savoir pourquoi elle a fermé? Ses travailleurs sont-ils entrés en possession de leurs droits?

Cette affaire qui est devenue tristement mondiale s’est-elle penchée sur ces aspects?

Hojeij peut- il prouver qu’il a apporté des capitaux dans ce pays, ou, a-t-il comme le font tous les autres, contracté un marché avec l’Etat pour se faire payer en tranche sans préfinancement.

Voilà autant de questions importantes de notre point de vue à élucider et qui peuvent aider à éclairer la lanterne de l’opinion.

C’est ici que l’Etat devait être plus regardant, anticiper et prendre les mesures qui s’imposent, au lieu d’être à la remorque de ces groupes de rapaces mafieux qui n’attendent qu’à dépecer le Congo.

L’affaire étant au Congo, pourquoi ce sont comme par enchantement des tribunaux étrangers qui connaissent de cette affaire en voulant imposer au pays des choses qui ne relèvent pas de sa législature et de sa réglementation ?

Si on décortique bien ce dossier, on se rendra bien compte que ce genre d’individus empêche l’Afrique de décoller.
Comment expliquer qu’une créance de 100 millions peut passer à 1 milliards de dollars?

Et si on part au début de l’histoire, ce sont des fonctionnaires véreux qui ont dû gonfler une créance qui devait être insignifiante au départ, de 10 ou 25 millions, à plus de 100 millions pour toucher ou espérer toucher des prébendes.

Les fonctionnaires congolais des régies financières ont énormément de pouvoir, mais ils ne sont responsables devant rien.

Il a été décelé que les fonctionnaires du service de la dette, pour arrondir leurs fins de mois, s’entendaient avec les opérateurs pour augmenter leurs créances en gonflant et surévaluant volontairement leurs dettes.

On multipliait par 10, parfois même 100 les créances des particuliers quand on ne devenait pas soi-même créancier, le plus souvent fictif ou sur la base du faux.

Ce vaste réseau mafieux a tant saigné les finances publiques.
Face à cette hémorragie financière, une commission mise en place par l’Etat en 2006 à cet effet avait récupéré de ces fraudes et détournement de fonds masqués pour le compte de l’État, plus de 3 milliards de Francs CFA. Mais malheureusement, aucun fonctionnaire véreux n’est allé en prison pour ces faits.

Les fonctionnaires des régies financières qui poursuivent à ce jour leur oeuvre de distorsion et d’évasion des finances publiques à tous les niveaux, apprendront à leurs dépends que leur odieux agissements, leur légèreté, leur complaisance avec les Hojeij et autres contemporains expatriés, portent un lourd préjudice non seulement aux finances publiques qui menacent désormais leurs fins du mois comme tous les autres fonctionnaires de l’Etat, même s’ils en ont mis plein les poches; Mais aussi à l’honneur du pays.

A l’heure de la rupture, il faut un coup de pieds dans cette fourmilière des régies financières.

Comment comprendre que la masse salariale qui s élevait à 12ou 13 milliards à la fin de la guerre soit passée à près de 50 milliards, soit au quadruple, et que les problèmes d’emploi même à la fonction publique sont restés presque comme au point de départ?

Le Congo ne pourra s’en prendre qu’à lui même, à la cupidité, légèreté, négligence, complaisance, l’inconscience et à l’absence d’esprit patriotique et civique de ses fonctionnaires à tous les échelons de l’Etat en charge des finances publiques.

Eteya biso

Gobrazza.com