Et si Sassou parlait?

2 semaines déjà
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En politique ceux qui parlent fort ne sont pas toujours ceux qui ont raison. Mais le peuple au nom duquel tout le monde parle étant émotif se laisse souvent abuser par les beaux discours oubliant que « l’ habit ne fait pas le moine » et que les bons parleurs ne sont pas toujours les bons diseurs .

Le Président de la République en sa qualité de chef de l’état n’est pas le seul comptable de la situation chaotique dans laquelle se trouve le pays. Combien sont-ils à l’accompagner dans sa lourde responsabilité et prêts à affirmer qu’ils ont toujours  fait  comme il le leur demande? Certainement pas. Maintenant est- il juste voire décent de lui faire assumer seul cet état de fait?

Chacun peut aller de son commentaire.

Très facilement certains répondront qu’il y a l’impunité dans le pays.

Le chef de l’ État est le garant de la souveraineté nationale, de l’ intégrité territoriale, de l’ordre, de la discipline, de l’égalité et des libertés des citoyens, ainsi que de la justice.  Mais en est- il le glaive?

Cependant, l’ on constate des distorsions dans les administrations congolaises, la personnalisation, la personnification et l’apprivoisement de certaines fonctions d’ État.

Pourtant des organes de régulation et leurs correlaires n’ont jamais fait l’objet d’un quelconque décret d’invalidation.

Mais il y a pourtant des organes de régulation et inspectoriales. Alors, selon quel décret le président Sassou- Nguesso 

De même, des rumeurs fortement fondées courent sur certains cadres et hauts fonctionnaires de l’Etat, voir certains membres du gouvernement d’avoir dilapidé ou détourné des fonds publics.

Mais, aucune information judiciaire n’a jamais été ouverte à cet effet, laissant planer le doute au grand préjudice des concernés et en définitive du peuple.

Y a-t-il un décret présidentiel qui interdit la mise en oeuvre de l’action publique?, pourtant certains auteurs de crimes ou autres délits sont poursuivis laissant croire à l’observateur averti que l’on ne s’en.prend qu’ aux faibles.

Dans toute cette valse, le peuple congolais et surtout sa jeunesse en sont les véritables victimes, car eux payent le prix actuel de tous les égarements.

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Ils n’apparaissent pas par ailleurs comme ceux ayant accumulé des biens meubles et immeubles, des comptes au Congo et à l ‘étranger, ainsi que d’autres signes extérieurs de richesse et d’opulence.

On sait aussi que parmi ces nouveaux riches du pays, très peu sinon personne ne possède ni d’industries, ni de structures ou entité de production pouvant générer des emplois, ce qui contraste avec les aspects de richesse qu’ils dégagent, consacrant ainsi l’égoïsme, la course effrénée vers l’accumulation des biens sans plus value, le gain facile, le mépris pour l’intérêt de la collectivité, la déliquescence de la puissance publique.

Pour parler terre à terre, expression consacrée au Congo, peut-on expliquer aux congolais:

– Que le président Sassou ne possède ni plusieurs parcelles, ni plusieurs immeubles acquis ou en construction à la différence de plusieurs autres  fonctionnaires de l’Etat pour le simple fait de leurs fonctions.

– comment un simple commis du trésor public peut acheter plus de  5 parcelles d’ une valeur de près  de 100 millions chacune, d’ autres construisent 2 ou 3 immeubles simultanément sans avoir pris un seul crédit ou justifié la source de leurs revenus? Et s’en tirer sans même une seule interrogation des services de police et de la justice, alors que le CHU, les étudiants peinent à être payés pour des montants pouvant avoisiner le coût de ces immeubles ( 400 à 500 millions de frs cfa).

– pourquoi préfère- t- on mettre en mission des agents des régies financières afin d’aller payer les bourses des étudiants à l’etranger sans finalement jamais les payer en jouant au jeu de cache cache avec les concernés et revenir au Congo acquérir des parcelles, acheter des voitures et construire des immeubles.

– Quelle département ministériel ou administration disposant des lignes budgétaires de l’Etat ne pratique pas l’odieuse méthode de la surfacturation ou hypersurfacturation, des marchés fictifs, en réalité la véritable pieuvre qui engloutie les finances publiques,  au point où l’observateur averti estime que le tiers, voire la moitié de la dette congolaise y trouve ses racines longitudinales.

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Ce fléau qui affecte longtemps  la gouvernance  congolaise s’est accentuée  depuis les annees 78-79 et de façon plus accrue à partir des années 90 et outrancièrement après la guerre du 05 juin 97 à ce jour.

Quel homme politique de quelque bord qu’il soit peut lever le doigt pour dire qu’il n’a jamais bénéficié à titre grâcieux des aides faramineuses aux fins des soins à l’étranger. C’est tout ceci qui grève les finances de l’état.

Quel homme politique, quel gestionnaire, quel ordonnateur  des finances publiques à différents niveaux peut lever son doigt pour n’avoir jamais puiser volontairement dans les caisses de l’Etat?

 Peut-on parallèlement expliquer au peuple pourquoi ce sont toujours les mêmes personnes qui tiennent certaines administrations d’État quand bien même ils ont depuis belle lurette fait valoir leurs droits à la retraite. Le Congo n’est pas en déficit de cadres.

D’autre part, incombe-t-il au président de la République de sanctionner les fonctionnaires qui commettent des actes d’ indiscipline et certains délits dans les administrations publiques?.

Lorsqu’on scrute tous ces aspects, l’ on peut bien comprendre pourquoi Sassou-Nguesso ne parle pas,  tel un éléphant sur le dos duquel les branches cassées par les singes tombent.

Et si Sassou parlait, qui n’irait pas en prison pour tous ceux qui ont eu à un moment ou un autre de la vie de la nation ces 20 dernières années  la gestion des affaires publiques à tous les niveaux, même dans les instances de la 

Police, de  la Justice où les justiciables se plaignent des mauvaises manières  d’adminstration, de corruption, 

d’harcèlement, de parti pris, de violation des droits et des libertés.

Aujourdhui, le pays se trouvant à bout de souffle, tous les tirs sont braqués sur Sassou- Nguesso, ce qui paraît normal au vu de sa responsabilité.

Mais ces tirs, il les a déjà vécus à la conférence nationale, sans qu’ ils ne soient tous justifiés, l’histoire l’a démontré.

Ces tirs l’étaient dans la foulée du programme de réajustement du FMI de la fin des années 80.

Ici, le peuple en délire acculé par les difficultés de la vie au quotidien, chauffé par les donneurs de leçons qui n’ avaient de légitimité  à l’ inquisition du régime Sassou de l’époque que d’avoir sauté par dessus  bord du bateau PCT à une certaine époque, a donné caution à cette hystérie nationale dite de tous les espoirs.

Denis Sassou Nguesso a tout assumé à la grande surprise de tous.

Le rêve d’ une vie meilleure s’ est envolé au détour de l’illusion d’un nouveau pouvoir et dont la gestion n’ avait de nouveau que les nouveaux anciens gestionnaires ou transfuges du parti Etat PCT. 

Le peuple face aux difficultés a de nouveau réclamé Sassou- Nguesso sous le mandat duquel leur vécu quotidien avait finalement un meilleur sort.

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Aujourd’hui le FMI est de nouveau aux portes du Congo. Cette fois-ci le président Sassou Nguesso a décidé d’assumer avec tous ceux qui de près ou de loin ont plongé le pays dans la situation actuelle. En bon visionnaire, il n’est toujours pas compris à temps.

En assumant de nouveau au nom de tous, il a choisi d’anticiper les souffrances supplémentaires du peuple, et se présente finalement comme l’homme de la situation, n’en déplaise à ses détracteurs.

Que personne ne se trompe, dans les circonstances actuelles et les données en présence, le congolais qui croit détenir le baton magique pour sortir le pays de la crise actuelle voudrait plutôt le suicider. 

Tous les changements ont leur mélancolie, vaut mieux les souffrances d’aujourdhui que les amertumes de demain.

Mais la situation actuelle  implique que dans la paix, la concorde et l’unité nationale, l’opinion des congolais de quel que bord politique ou de la société civile que ce soit, les contributions tendant à aller dans le sens d’aider le pays à sortir de la crise soient prises en compte dans un cadre interne national, le gouvernement étant pour le compte de l’ État congolais, le seul interlocuteur devant le FMI par exemple…..

Éteya biso!

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