La famille présidentielle et les anti valeurs! Ce qu’ il faut comprendre dans l’ affaire Chantal Loemba!

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L’affaire Chantal Loemba cousine de la 1ère dame du Congo contre Maryse Loembet sa nièce,  relatif à de faux actes d’adoption et de donation dans la succession de feu joseph Chelala, suivi de condamnation, a défrayé la chronique ces derniers temps. 
Ce fait divers qui concerne des membres de la famille présidentielle rame dans le sens des anti valeurs décriées par le président de la République et à contre courant de la politique de rupture qu’ il prône.
Qu’en est-il en réalité ?
Dans son discours d’investiture du 27 avril 2016, le Président de la République du Congo, Denis Sassou Nguesso, a ouvert une ère nouvelle des pratiques éthiques et morales plus orthodoxes, dans son pays.
Sa pensée se résume ainsi dans le fragment suivant de ce discours, « A compter d’aujourd’hui, créons la rupture avec les mentalités déviantes et les comportements pervers du passé : la paresse, le laxisme, l’irresponsabilité, l’inconscience, la corruption, la fraude, la concussion, l’ethnocentrisme ou l’instinct grégaire, le népotisme et la tendance à la gabegie ».
Ce discours qui sonne le glas des pratiques décriées par le Président de la République a été accueilli favorablement par le peuple souverain qui attend avec exigence des résultats.
Pour preuve, le mot « rupture » est devenu le plus usuel dans le langage courant des congolais.
C’est le leitmotiv de ce mandat présidentiel, car tout le monde ne jure que par la rupture.
Même si comme d’ habitude d’aucun le considère juste comme un slogan et en font un usage abusif et spéculatif.
Cependant, la famille présidentielle, habituée à des privilèges, parfois excessifs, est tombée de son piédestal. Cette chute vertigineuse entraine quelques soubresauts, caractérisés par des résistances inutiles à la réalité du moment, celle de la rupture avec des mentalités déviantes.
Le cas des gens réfractaires aux changements sont légions, le plus recent et criard qui n’honore pas tant la famille présidentielle est le célébrissime fait divers Chantal Loemba, condamnée par contumace pour faux en écritures publiques, faux et usage de faux, à trente (30) ans de travaux forcés par la Cour criminelle de Pointe-Noire, le 18 mai 2017.
Ce fait divers a été rendu célèbre, d’une part, par l’appartenance de madame Chantal Loemba à la famille présidentielle, et, d’autre part, par l’application de la peine maximale.
 
A-propos, qui est Chantal Loemba et pourquoi une telle décision ?
Madame Chantal Loemba n’est autre que la cousine de la première Dame, Antoinette Sassou- Nguesso, et la concubine du feu Joseph Chelala, homme d’affaires d’origine libanaise qui a fait fortune au Congo.
Rappelons le contexte pour mieux comprendre les faits. Chantal Loemba, vivant en concubinage avec feu Joseph Chelala n’a pu avoir d’enfant avec ce dernier.
En revanche, le couple habitait avec certains autres membres de la famille dont Maryse Loembet Ngala, une nièce de madame. En conséquence, et comme on pouvait s’y attendre, une enfant (Andréa Chelala) est née dans cette maison ; mais, de la relation adultérine de feu Joseph Chelala avec Maryse Loembet Ngala.
Cette situation a bien évidemment  suscité de la part de Chantal Loemba une animosité et une aversion  sans précédent entrainant haine et ressentiment agressif à l’endroit de l’enfant et de sa mère.
Pis, après le décès de son compagnon, curieusement, Chantal Loemba dans un dessein dolosif, s’est fait établir frauduleusement au nom de Joseph Chelala des actes d’adoption et de donation antidatés (donc post mortem), par lesquels ce dernier adoptait et léguait ses biens aux deux enfants de Chantal Loemba nés de son union avec un citoyen grec, déshéritant ainsi totalement Andréa Chelala, l’unique fille biologique de Joseph Chelala réputée par principe héritière légitime .
Haine, méchanceté ou simplement l’expression d’une colère épidermique ?
Quelle que soit la réponse apportée, une enfant mineure a payé le prix fort : la privation de ses droits légitimes d’enfant biologique au profit d’enfants illégalement adoptés, qui plus est, après le décès de son père.
Après moult négociations en vue d’une reconnaissance des droits de l’enfant, Chantal Loemba est restée inflexible, refusant systématiquement d’entendre raison.
C’est dans ce contexte que la famille Chelala et Maryse Loembet Ngala (représentant sa fille mineure Andréa Chelala) ont saisi les juges pour connaitre de  l’affaire.
Toute la procédure y relative a été respectée et la condamnation est intervenue dans un cadre parfaitement légal débarrassé de toute pesanteur.
Il faut retenir que les juges qui ont traité cette affaire avec toute la rigueur possible ont fait droit à la demande des parties civiles. La faute pénale étant bien qualifiée la sentence s’en est logiquement suivie.
Chantal Loemba a été condamnée par contumace à 30 ans de travaux forcés sans aucun droit sur les biens successoraux de Joseph Chelala, devenus de plein droit l’héritage d’Andréa Chelala, l’unique fille biologique du de cujus.
Toutefois, cette décision n’a pas été prise dans la quiétude absolue. En effet, servant de relais à sa cliente qui du reste n’a pas manqué de désobligeance à l’égard des juges au cours de cette procédure, Maître Gaston Mossa n’a eu pour argument que son arrogance.
Il ne s’est pas privé de dénigrement outrancier vis-à-vis de Maryse Loembet Ngala. Des propos aussi désobligeants qui contrastent avec une véritable plaidoirie, à la grande surprise de l’audience.
Toutefois, il ressort de source proche du dossier que Maître Mossa a fait opposition à l’arrêt rendu par la Cour criminelle, invoquant l’absence de sa cliente à l’audience, et demande le ré-enrôlement de l’affaire avant la fin de la session criminelle en cours.
Cette opposition revêt en effet un caractère dilatoire dans la mesure où Chantal Loemba, se sentant intouchable parce que membre de la famille présidentielle, n’a pas daigné répondre à la convocation de la Cour criminelle. 
Ce mépris à l’égard de la justice par ceux qui se considèrent intouchables est bien illustré par la boutade de Philippe Poutou lors du débat de la présidentielle de 2017 en France : « Quand on est convoqué par la police, nous ouvriers, on n’a pas d’immunité ouvrière, désolé, on y va. Mais vous, vous avez de la chance, le système vous protège ».
Cette pensée de Philippe Poutou quoi qu’exprimée dans un langage on ne peut plus alambiqué corrobore les idées de ceux qui en Afrique et particulièrement au Congo, pensent que le système les protège, oubliant que le Président de la République a affiché sa volonté de changement dans son discours précité.
En effet, la réussite de ce projet de changement dépend de l’attitude affichée par la famille présidentielle qui doit montrer l’exemple.
Encore qu’ il n’ est pas si sûr qu’ il y a une caution pour cette famille à se sentir au dessus de la loi, car le peuple qui est prêt aux sacrifices consécutifs à la rupture ne tolérerait pas la pratique du deux poids deux mesures, afin que triomphe la force du droit et non le droit de la force.
 Ceci est essentiel pour un pays qui se veut libre et démocratique.
Par ailleurs, l’action de Maître Mossa suscite une interrogation. Il s’agit alors de savoir, si le ré-enrôlement est possible lorsque le condamné n’est pas encore mis en détention ?
En clair, est-ce que Chantal Loemba cousine de la première dame se pliera au verdict de la cour qui commande sa détention à la maison d’arrêt, avant l’issue finale de cette affaire? ?
Si la réponse à ces questions est au plan juridique à portée des juges, elle est en revanche moins évidente au plan pratique compte tenu des pesanteurs existantes.
Mais les magistrats peuvent compter sur l’abnégation sans équivoque du Président de la République, excédé par la pratique des antivaleurs de son entourage.
La décision prise par la cour criminelle est logique eu égard au fait délictueux en cause. Elle s’inscrit dans le cadre du changement et du renouvellement des mentalités tant souhaitées par le Président Sassou.
Que les congolais sachent que nul n’est au dessus de la loi, qu’il soit riche ou pauvre, qu’il fasse partie de l’élite ou du reste du peuple.
Il est vrai que cette décision est une première, mais ne dit-on pas que le chemin le plus long commence par le premier pas ?
Dans cette affaire, le droit a été dit dans l’ intérêt de toutes les parties, sans acception de personne.
Desormais, les congolais sont appelés ensemble à dénoncer les antivaleurs afin de construire le pays dans un esprit de rigueur et de travail.
Etéya biso!
Gobrazza.com