La France et les atteintes aux libertés: la préfecture de police de Paris a-t-elle muselé les syndicats?

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La préfecture de Police de Paris s’est finalement rétractée après avoir pris un arrêté interdisant la manifestation des syndicats qui souhaitaient l’organiser dans le cadre des actions de protestation contre la loi du travail instituée récemment par le gouvernement et qui fait l’objet de controverse depuis plusieurs semaines.

Le gouvernement français entendait par cet acte jouer son rôle régalien  pour  préserver l’équilibre nécessaire entre l’expression des libertés et le besoin d ordre. Cet équilibre a certainement été trouvé dans l’après midi.

En la matière, n’en déplaise aux défenseurs des libertés, les impératifs d’ordre et de sécurité ont commandé à ce que le gouvernement prenne souverainement ces mesures, certes restrictive des libertés mais combien louables pour les besoins d’ordre et de sécurité en vue de la préservation des équilibres sociaux.

Il ne faut pas oublier que la France est en état d’urgence mainte fois renouvelée en raison des atteintes graves à l’ordre public par actions terroristes et des menaces qui pèsent, depuis les derniers attentats de novembre 2015 à Paris, oeuvre des sinistres  Abaoud, Sala Abdelamid et autres.

Dans ce régime d’exception, l’autorité publique dispose assurément des pouvoirs exorbitants.

Alors y a t-il un État dont les impératifs d’ordre sont plus importants que ceux des autres États?

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Ceci a été vécu comme un bâillonnement des libertés, ce qui  a soulevé un tollé général repris en refrain en France.

Au demeurant, chaque État a ses réalités, chacun prend les mesures qui s’imposent selon ses moyens pour préserver l’ordre d’une part et ménager les libertés d’autre part.

Chaque État se trouve  à un certain niveau de développement de la démocratie, chacun selon son histoire, ses circonstances, sa pratique, ses acteurs, son peuple, son mental, ses rites et traditions.

Il n’est pas certain de dire que les démocraties occidentales constituent une oasis de paix dans un monde en proie aux conflits de toute nature, aux guerres, à la misère et à la marginalisation, mêmes s’il faut reconnaitre que les libertés publiques y ont un meilleur sort.

Mais, la question restera toujours d’actualité à savoir, si le modèle démocratique occidental est le meilleur et qu’il doit être imposable ou transposable aux États africains?

Néanmoins une chose est évidente, la démocratie exercée d’un pays à un autre a des principes, des traits communs bien souvent plus nombreux que les différences à l’égard des libertés.

Pourtant, les relations internationales plus précisément entre l’Occident et l’Afrique, après l’esclavage, et la colonisation se sont toujours inscrits  dans le cadre de dominant à dominé.

Ainsi, les occidentaux s’armant des moyens de  communication devenus une arme très puissante et redoutable, ont toujours su justifier  et ceci en leur faveur, même au péril de la vie des autres peuples et nations ainsi que de leur dirigeants.

Sur cette base, une action de même nature peut être différemment justifiée selon les intérêts des uns et des autres.

Pour illustration:
-Lorsqu’en 1980 l’URSS à l’époque entre en Afghanistan on parle d’invasion

– Lorsque quelques années plus tard la coalition occidentale intervient en Afghanistan on parle d’opération salutaire.

Lorsque Saddam Hussein agresse le Koweit, on parle d’envahissement et d’invasion.

Lorsque Georges Bush fils entraîne la coalition des grandes puissances en Irak, on parle d’opération tempête du désert et du droit d’ingérence pour sauver les droits et libertés en péril.

Lorsque Kadhafi est assassiné par les entreprises de Sarkozy et autres, laissant la Lybie à feu et à sang jusqu’à ce jour, c’est toujours au nom du droit  d’ingérence.

La cour pénale internationale a  condamné Jean Pierre Mbemba pour des faits qu’il n’a pas personnellement et individuellement commis, mais du fait de sa responsabilité.

Lorsque les militaires de Sangaris en Centrafrique sont accusés de violation de droits de l’homme et crimes de viol, les auteurs supposés répondent individuellement des faits qui leurs sont reprochés.
Mais, jamais leurs chefs hiérarchiques tant au plan militaire que politique ne sont inquiétés.

Cette mesure n’est certainement applicable que dans les cas des Bemba, Taylor, GBabo et autres « petits africains », au point où on peut parler de deux poids deux mesures.

De même, un chef d’État  en fonction peut être pourchassé comme Omar Bechir en Afrique du Sud par la volonté de puissance de la CPI, sans égard pour son immunité, sa fonction et l’honneur de son pays.

En dernière actualité, l’ambassade du Congo à Paris est attaquée de nuit par des inconnus qui y ont incendié les bâtiments et procédé à d’autres actes de  vandalisme, en plein régime d’état d’urgence, donc de vigilance accrue, pendant que la coupe d’Europe s’y déroule.

Sans occulter la responsabité du Congo,  c’est le dernier souci de la France.

Ce que la France trouve à dire plutôt  par la voix du quai  D’Orsay, c’est être préoccupé par le cas de l’opposant Jean Marie Michel Mokoko à des milliers de km de Paris.

Bien sûr qu’il lui faut un procès équitable. Pour autant, il faut que cela devienne le problème des Etats tiers?

De quoi se mêle la France? Ingérence? Volonté de puissance ou la voix du maître?

Ce qu’il faut définitivement retenir dans ce monde des prédateurs.  Si vous conserver les acquis de la démocratie vous croissez. Cela n’est pas dans l’intérêt de l’impérialisme avec leurs grands lobbies financiers.

Il faut une rupture brusque pour installer le chaos et imposer leur volonté.

C’est ce qui s’est passé en Centrafrique, en Libye, en Irak.

C’est pour cette même raison que l’Est de la RDC ne retrouvera pas la paix de si tôt et qu’elle risque de brûler à la grande satisfaction de tous les prédateurs qui se servent dans ses entrailles…

 

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