La Guerre déclarée contre le Congo par Mohsen Hojeij, enfin l’épilogue. Quelles sont les leçons à tirer?

4 mois déjà
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2018-01-27

Il y a deux ans gobrazza titrait: Entre Hojeij et le Congo qui doit à qui?

Ce litige financier entre le Congo et cet homme d’ affaires libanais a non seulement défrayé la chronique en raison de la traque savamment organisée par tous les prédateurs au nom de la justice internationale qui voulaient humilier le président Sassou Nguesso, mais a  fortement choqué les  les africains en général et les congolais en particulier.

Au point où l’épouse du chef d’un Etat souverain, qui, n’a aucune prérogative pour répondre des affaires d’État, s’est vue humiliée aux USA au sujet de ladite affaire Hojeij.

Mais, en dépit de tout ce qui précède, force est de constater que la Cour de cassation a invalidé, le 10 janvier, la saisie en France d’avoirs du Congo, dans ce litige qui oppose depuis plus de vingt ans Brazzaville à Mr Hojeij.

Le Congo malgré le tapage médiatique et les tournures roccambolesques de cette affaire n’ avait pas perdu patience.

Par cet arrêt, la cour de cassation, met fin à la saisie  des biens diplomatiques ou les créances fiscales du Congo sur le territoire français.

En effet, des saisies avaient été operées à la demande de la société de BTP Commisimpex, de l’homme d’affaire libanais Mohsen Hojeij pour recouvrer dans un premier temps près de 168 millions d’euros.

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La justice française qui avait jusqu’alors validé cette procédure, s’appuyait sur une « renonciation » à son « immunité d’exécution » consentie en 1993 par le Congo, dont les avoirs en France auraient sans cela été protégés.

Mohsen Hojeij, qui jouissait alors des entrées privilégiées à Mpila, avait décroché plusieurs contrats entre 1983 et 1986. Mais, en 1986, pour des raisons de conjoncture économique difficile, seule une partie de la facture avait été réglée. Depuis lors, M. Hojeij a multiplié les recours pour récupérer son argent, la somme dûe ne cessant de gonfler pour atteindre aujourd’hui plus d’un milliard d’euros, selon des sources proches du dossier.

De procès en procès, face à l’intransigeance du Congo qui ne reconnait pas au départ une dette aussi colossale, pour l’instant, seuls 6 millions d’euros ont été prélevés sur des comptes de l’ambassade du Congo et de sa délégation, dans une sorte de matracage et de mépris à l’égard d’un Etat souverain.

Cette décision qui remet les choses à l’endroit a donc soulagé les patriotes congolais et les observateurs avertis.

C’est une victoire retentissante et  logique s’est ainsi exprimée le docteur Chantal Nina Kouoh., diplomate indépendante très au fait de ces questions de relations internationales.

En réalité, a t- elle  poursuivi, persister dans la voie inverse aurait, à la longue,  placé la France ‘hors la loi » en matière de diplomatie et du strict respect de la Convention de Vienne, entre autres.

Ainsi, n’importe quel quidam,  parce que homme d’affaires, occidental, aisé et ayant un « réseau en béton armé » pourrait se permettre d’assigner un État africain en justice en Occident et faire saisir ses biens à l’étranger.

Il n’y qu’aux pays africains que l’on peut imposer une telle potion amère .

La déclaration de cette diplomate africaine chevronnée est un appel à une prise de conscience des dirigeants africains en premier lieu et des fonctionaires des administrations en

Afrique en second lieu, tendant à privilégier les intérêts nationaux et ceux de la collectivité au détriment de leurs  intérêts égoïstes, afin de se prémunir d’une  telle inconvenance.

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Ceci, tout en espérant vivement que les signataires de nouveaux contrats qui engageront les pays africains songeront et auront surtout le courage d’y insérer des clauses  protégeant les Etats  dans tous les cas de figure.

Pourtant, lorsque les compagnies et cabinets de conseil de la métropole pillent les ressources naturelles du sous sol africain, sur-facturent leurs services et ce, depuis belle lurette,  personne ne trouve rien à redire. 

Voilà des années que le Congo n’est plus la « vache à lait » grâce à laquelle beaucoup se faisaient du bon beurre à profusion, ses assoifés et ses aigris vont jusqu’à imaginer et préférer la mort pure et simple de la vache en question…

Des titres ubuesques tel que « …. l’homme d’affaires qui peut faire sauter le Congo » révèlent à la fois l’outrecuidance  d’un journaliste et  l’irrévérence,  pour ne pas dire le mépris total qu’éprouvent ces soi-disant partenaires des beaux jours, soutenus qu’ils le sont par des lobbies de divers milieux tant publics,  financiers, privés, qu’ occultes.

Ils estiment qu’ils peuvent prendre n’importe quel pays africain en otage lorsque celui-ci ne danse plus au son de leur musique.  

Au regard de ces outrages irrévérencieux, les États Africains devraient s’inspirer du modèle des pays du Golfe et avoir l’entregent de l’appliquer sine qua non.

Quel progrès ce serait pour l’Afrique !

Eteya

Gobrazza.com