Guy Brice Parfait Kolelas serait-il un loup vêtu de peau d’agneau?

2 années déjà
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A quel jeu joue le fils de Bernard Kolélas? A force de badiner avec le feu, on risque de se brûler les doigts dit un dicton populaire. Suite aux événements qui ont suivi le déroulement de l’élection présidentielle du 20 mars 2016 et la proclamation de ses résultats, si on était à l’église, aurait presque donné la communion sans confession à Parfait Kolélas.

Ceci, pour avoir oeuvré à épargner les congolais d’un bain de sang annoncé, en s’abstenant d’appeler au soulèvement et de mettre ses partisans dans la rue pour contester la victoire de Denis Sassou-Nguesso, suite à la publication des résultats de la présidentielle.

D’aucun avait qualifié cette attitude de responsable, de geste emprunt de hauteur, de sagesse et de vision politique, malgré la forte pression de certains de ses partisans et d’une fraction de la diaspora sectaire fanatique et revancharde.

Ou bien, a -t-il mesuré le poids de la responsabilité pour avoir avec les Tsaty Mabiala et autres, appelé à l’insurrection populaire le 20 octobre 2015? Une aventure qui a fait des morts et échoué, les congolais ayant refusé de se suicider collectivement comme dans l’histoire de la secte du temple du Seigneur en France au milieu des années 90.

Or, feignant de temporiser, de se montrer républicain, loyaliste, homme de la non-violence et de paix, Kolélas semble jouer aux équilibristes en soutenant d’un côté les menées subversives de Ntumi et de l’autre, de tenir face au pouvoir en place un discours apaisé mais faussement conciliateur.

Au milieu, il joue au chat et à la souris avec ses compères de l’IDC- FROCAD, ces plates-formes politiques faites pour l’essentiel de nombreux aigris, frustrés, déçus et répudiés du pouvoir de Sassou.

Pourtant nombreux sont également ceux qui se demandent comment Kolélas, qui a certainement un avenir politique prometteur, peut-être héritier de son feu père, a pu s’encombrer du sulfureux Ntumi, lui même en quête de reconnaissance dans le Pool, leur vivier commun, de légitimité et d’acceptation par la République pour tout le mal qu’il a fait aux populations.

parfait-kolela-et-SassouSerait est- ce la malédiction qui poursuit, semble-t-il, sa famille dont on parle tant qui l’a frappé, ou le mauvais sort pour avoir trahit le serment de son père qui les a laissé (enfants Kolélas) dans les bras de leur petit père Denis Sassou-Nguesso?

On pourra tout dire contre Sassou, mais à l’évidence, il a tenu son serment face à l’une des dernières volontés de Kolélas père qui lui a confié ses enfants.

La preuve, il les a nommé tour à tour au gouvernement parfois contre l’avis de certains de ses partisans, les vainqueurs de la guerre du 5 juin qui estimaient à juste titre pour eux que c’était faire la part trop belle à un partenaire qui les avait trahit en s’alliant contre toute attente et sans fissures dans l’alliance URD-PCT et apparentés à Pascal Lissouba et son UPADS juste au seuil de la guerre.

Sur cette considération, au plan purement humain, Sassou a certainement vécu la défection de Parfait Kolélas comme une grosse déception et au plan politique, une trahison de plus. Mais, les grands hommes sont ceux qui savent se mettre au dessus des passions.

Kolélas — Ntumi: liaison dangereuse

Au demeurant, en réalité il s’est installé un deal macabre entre Guy Brice Parfait Kolélas alias PAKO et Ntumi: « Tu m’aides à braver Sassou par la force et à prendre le pouvoir; moi je t’aide à te réhabiliter auprès des populations ».

Une solution raccourcie qui fait fi de l’histoire politique du Congo où, personne n’a accédé au pouvoir dans ce pays en se servant ou mieux, en comptant exclusivement sur son village, sa tribu, sa région ou son département.

Un tel deal pouvait-il connaître de réussite entre ces des personnages, rien n’est moins sûr, ces deux coqs ne pouvant chanter dans la même basse-cour.

Ceci, dans la mesure où Ntumi qui a semble t-il reçu mission de « Dieu » de sauver le Congo ne peut laisser à quiconque fusse t-il partenaire de jouer les premiers rôles.

000_8u9lp_0En plus, Ntumi, sorti du néant, ne peut se faire entendre et se prévaloir que par la voix des armes et de la violence. Celle qui l’a fait connaître et l’a mis au devant de la scène. C’est pourtant le gouvernement qui l’a valorisé en l’élevant au rang de ministre.

Dénué de cette voix des armes, plus est de sa fonction ministérielle, Ntumi n’est plus rien d’autre que ce qu’il a été, c’est-à-dire un chef de milice tout simplement. Il fera ce qu’il faisait et ce qu’il a toujours fait.

Or s’allié à un chef de milice lorsqu’on est un homme politique qui se veut un destin national, on prend le risque de se mettre à dos l’État, on entre forcément dans les complots, on détruit son image et on s’expose négativement.

A notre avis, c’est une erreur grave que commet Kolélas de jouer aux équilibristes en ménageant la chèvre et le choux.

Arrivé 2e à l’élection présidentielle, il a constitutionnellement un rôle majeure à jouer dans la vie politique nationale, car le pays ne peut pas rester éternellement à stagner autour du contentieux électoral vidé depuis par la cour constitutionnelle.

A moins d’avoir cédé à des diktats venus d’ailleurs, dans un contexte où les lobbies financiers qui veulent régler les comptes de Sassou-Nguesso et en coupe le Congo ont un autre agenda.

Mais, personne n’est dupe, l’on sait que Kolélas ne s’est pas mis avec Ntumi pour rien. Si au grand jour leur connexion est politique, mais en réalité il avait besoin de lui comme bras armé pour braver Sassou.

Des proches de Kolélas ont été mêlés aux préparations et aux attaques du 04 avril ce qui en dit long sur le plan concerté visant le renversement du pouvoir en place par les armes, en connexion avec d’autres forces manipulées par les lobbies financiers occidentaux, qui n’attendent que cette brèche pour s’engouffrer davantage, prendre me contrôle et tirer les ficelles.

En faisant le malin avec Ntumi qui a des comptes à rendre et des contentieux à régler avec le peuple, Parfait Kolélas subira ce que, selon les Contes de la brousse et de la forêt « le singe avait connu pour avoir voulu traverser la rivière sur le dos du caïman. »

Il compromet ainsi une chance historique de devenir une homme politique d’envergure, partant, leader du Pool comme était son défunt père.

Si Ntumi s’active à négocier avec le gouvernement, ce n’est pas pour les beaux yeux de l’opposition. C’est pour en devenir le leader de fait et distribuer les rôles. Kolélas n’aura que ses yeux pour pleurer.

Kolélas a tout à gagner en faisant preuve de patience, de clairvoyance et de discernement, en privilégiant l’action politique. A cet effet, il est important qu’il noue, même dans sa différence le dialogue avec le gouvernement.
Ce n’est pas en couvrant les odieux agissements des partisans de Ntumi par des lettres intempestives ci et là qu’il sera crédible.

Le concernant, sans condamner les attaques du 4 avril 2016, la destruction des édifices publics et structures de la force publique, tous symboles de l’Etat, en se contentant juste de dénoncer l’action des forces de l’ordre tendant à traquer les auteurs de ces faits en vue de restaurer l’ordre y compris dans le Pool, cet élu du peuple a choisi son camp.

Mais, un vrai homme politique c’est celui qui sait lire dans la projection, être patient, constant et faire de bons choix pour prétendre jouer un rôle de premier plan dans la vie nationale.

Tous ceux qui en politique se sont conduit sans visibilité, privilégiant les raccourcis se sont fracassés la figure.

Vous ne serez jamais assez prévenus. ..

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