Jean-Marie Michel Mokoko est-il si innocent que ça ?

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Le général Jean Marie Michel Mokoko  candidat malheureux à la présidentielle du 20 mars au Congo a été  placé en détention  préventive à la maison d’arrêt de Brazzaville ce 16 juin 2016.

Après une instruction préliminaire à la police, au vu des indices concordants et probants de nature à motiver son inculpation, il a été présenté au procureur de la République qui l’a placé. Un juge d’instruction est en charge du dossier qui l’inculpe d’atteinte à la sûreté de l’Etat et détention illégale d’armes de guerre.

Cette mise en examen du général Mokoko fait couler beaucoup d’encre. La presse en fait ses choux gras et certains sur la toile n’hésitent pas à prédire le chaos et un bain de sang pour le pays.

A la réalité, rien de tout cela, Mr Jean Marie Michel Mokoko est un justiciable  comme tous les autres congolais et c’est dans son intérêt   de se soumettre à la justice de son pays.

Ses partisans au lieu de souffler le chaud  en ameutant l’opinion, doivent plutôt prendre leur mal en patience afin que cette procédure arrive à son terme.

Il ne faut pas perdre de vue que jusque là, le Général Mokoko est présumé innocent.

Alors, qu’il saisisse cette occasion s’il estime qu’il ne se reproche de rien pour s’expliquer devant le juge afin d’édifier l’opinion à l’effet de savoir si c’est vrai ou pas: avec qui, quand, comment et pourquoi a- il pu entreprendre une telle forfaiture dont lui même connaît la gravité et les conséquences en terme de délit et de peine à encourir ?

En effet, c’est depuis le mois de février de l’année en cours  que cette procédure contre Jean Marie Michel Mokoko a été engagée.

Il ne faut pas oublier qu’en dehors de la vidéo qui le met en cause, depuis sa candidature à la présidentielle,  l’intéressé a posé des actes supposés ou non qui seront scrutés par le juge.

Au demeurant, même si l’on peut reconnaître à chacun sa liberté de penser et d’action, en tout cas rien ne présageait d’une rupture si brusque entre Sassou-Nguesso et son conseiller Jean Marie Michel Mokoko qui, jusqu’à l’annonce sa candidature surprise à l’élection présidentielle du 20 mars, n’avait pas encore pris ses distances avec son chef.

Quel que soit ce que l’on peut dire, cet acte a été vécu comme une trahison par le président et ses proches.

L’opinion a pu remarquer la manière tonitruante avec laquelle la candidature de Mokoko  a été annoncée.

A l’époque, GoBrazza avait déjà dit que cette démarche était un arbre qui cachait la forêt, et que Mokoko ne pouvait pas prendre de telles initiatives s’il n’était pas soutenu et ou n’avait pas des assurances quelque part.

Bien plus tard, l’on se rendra compte que le général avait noué certains contacts suspects tant à l’intérieur qu’à  l’extérieur du pays en vue de la prise du pouvoir.

Les révélations de Jean Ngouabi interpellé depuis et autres indices conforteront les enquêteurs de la Police dans cette hypothèse.

De même, les déclarations de Loïc Lefloc Prigent qui à  l’époque de Lissouba était de l’équipe de la direction d’Elf Aquitaine qui avait contacté Jean Marie Michel Mokoko,  à l’époque chef d’état major des armées, pour   renverser l’ordre établi.

Ces déclarations ont également donné des indications sur ses supposés commanditaires à l’extérieur, notamment les puissants lobbies financiers occidentaux, différents des politiques.

4865028_7_f3fb_le-general-jean-marie-michel-mokoko-a_e864f28c6fbc6a833d9308f0e823d428Scénarios prévus 

Il s’agissait de mener les choses à la Burkinabé si le complot avait lieu avant le scrutin.
Le principe consistait à provoquer un soulèvement populaire soutenu par des mercenaires venus du Gabon et de la RDC spécialement à cet effet.

Ou bien  le scenario à la Côte D’Ivoire si le complot avait lieu après le scrutin.
Le principe consistait à la contestation des résultats des élections depuis le bureau de vote.

C’est ce qui avait justifié la mise en place d’une commission électorale parallèle  et la connexion de Mokoko candidat se disant indépendant, à la plate forme de l’opposition  IDC-FROCAD.

Or, les commanditaires à savoir les lobbies financiers occidentaux avaient mal apprécié certaines données et réalités nationales. En effet:

– le Congo qui a connu des guerres fratricides ayant traumatisé les populations n’était ni en guerre ni en crise, les opposants ayant volontairement accepté d’aller au scrutin présidentiel.

– il n’y avait ni ONUCI, ni Licorne, ni quelque autre  troupe étrangère sur le territoire pour favoriser des complicités, des tractations et manipulations.

– il n y avait pas de milices au Congo rangées derrière des leaders politiques.

Le flop du plan concerté

 

Par contre, l’on comptait sur Parfait Kolélas qui s’était allié au sulfureux Ntumi pour déclencher les hostilités.

Ce dernier n’a pu devant l’ampleur de la responsabilité prendre une telle décision, ayant ainsi épargné le Congo d’un bain de sang annoncé. Pourtant, l’ordre a bel et bien été donné par Mokoko qui a appelé sans succès à l’insurrection après le vote.

Mais,  l’engrenage n’a pas pris parce que d’une part l’un des stratagème qui devait donner prétexte au soulèvement a été court-circuité par le pouvoir en place qui a verrouillé les communications.

C’était certes une atteinte grave aux libertés, mais combien salvatrice et motivée par des besoins d’ordre et de sûreté de l’Etat avait-on cru comprendre des explications du porte parole du gouvernement à cet effet.

Cette parade avait empêché du coup la manoeuvre de publier par anticipation des résultats qui auraient pu être cautionnés par leurs commanditaires, provoquant ainsi un contentieux électoral de leur fait, devant entraîner  l’intervention de la communauté internationale et installer un régime de transition au Congo.

GoBrazza en son temps avait dévoilé le puzzle de ce complot appelé stratégie de l’opposition dans une série d’articles courant mars 2016.

Ensuite, est intervenu la proclamation des résultats officiels de la présidentielle donnant le Président Sassou gagnant, et depuis lors contestés par une partie de l’opposition dont Mokoko.

Dans un ultime sursaut, et pour empêcher la proclamation des résultats définitifs du scrutin présidentiel par la cour constitutionnelle qui devait par la même occasion vider le contentieux  porté devant lui par le candidat Kolélas, une incursion armée est enregistrée dans les quartiers sud de Brazzaville faisant 17 morts et des édifices publics brûlés, dont le siège d’une mairie d’arrondissement.

Cette attaque est attribuée aux partisans de Ntumi qui s’en défend sans convaincre.
Aujourd’hui, le célèbre ninjas Bassoumba alias Ramsès sorti volontairement de forêt accuse Ntumi d’avoir commandité cette attaque.

Une enquête a été  ouverte ponctuée d’un mandat d’arrêt contre Ntumi et quelques uns de ses partisans.

Traqué depuis, Ntumi se sentant isolé a révélé les contacts qui sont les siens en citant les noms de certains leaders de l’opposition dont Bowao, Mokoko et autres.

Lors d’une de ses interviews courant mai, répondant à une question sur ces fameux liens, Ntumi a déclaré: «  nous sommes en contact, donc nous sommes ensemble. »
Plus est,  Il a surtout imputé la responsabilité des actes du 4 avril aux partisans de l’opposition.

Avant son interpellation, le journal français  « Libération » a rapporté dans un article paru il y a quelques jours que Mokoko se dit abandonner par la France.

Par cet aveu, s’il était donné de déduire, on peut donc dire comme l’a toujours rapporté GoBrazza,  que Mokoko était le candidat de la France, plutôt des multinationales françaises, d’où sa désinvolture devant son chef, son audace, son insouciance, son imprudence et son irresponsabilité à appeler à l’insurrection un peuple meurtrie, traumatisé qui se remet peu à peu des cauchemars des guerres récurrentes que le pays a connu.

Ce sont donc toutes ces attitudes, toutes ces entreprises, toutes ces données troublantes que  le juge d’instruction tentera d’élucider pour aider à la manifestation de la vérité.

Et il est fort probable que nombreux tant dans l’opposition, la mouvance présidentielle que dans la force publique soient amenés à s’expliquer devant le juge.

En attendant le dénouement de toute cette affaire, Jean Marie Michel Mokoko est mal barré en ayant filé du mauvais coton, pour son aventure et sa naïveté. Il est bien parti pour être condamné.

Monoko na ngai nganga!
Vous ne serez jamais assez prévenus 

 

Gobrazza.com