Les visées expansionnistes et  hégémoniques d’Idriss Deby

1 année déjà
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Idriss Deby Itno

Le président tchadien Deby fort de sa campagne guerrière pour être intervenu militairement  au Nigeria,  Mali, Niger, Cameroun et en Centrafrique, veut se donner une étoffe de gendarme de la région,   avec l’ambition de prendre ainsi  le leadership politique de cette zone en faisant main basse sur les pays voisins.

Conforté par une sorte de caution de la stratégie française qui a besoin de son armée pour être en première ligne dans les conflits qui affectent la sous région confrontée aux terrorisme et à la menace islamiste, Idriss Deby sans être un exemple et un modèle de démocrate, voudrait saisir cette occasion pour devenir incontournable, mettre en oeuvre sa politique expansionniste, asseoir son hégémonie et régler du coup son problème interne.

En effet,  il doit faire face à  l’élection présidentielle dans un climat économique difficile, une  insécurité grandissante et où tout n’ est pas gagné d’ avance.

Des voix s’elevent pour demander son départ après 25 ans de règne. Il a fort à faire pour se faire réélire.

Or,  depuis l’ intervention de l’ armée tchadienne en Afrique, les activités économiques le long de ses principales frontières sont perturbées, notamment dans l’ extrême nord du Cameroun, le nord- est du Nigeria, la Lybie, le Niger et le Soudan, ces zones étant infestées d’ insécurité pour cause de terrorisme et conflits armés.

Il ne faut pas oublier que le Tchad est un pays enclavé et a besoin des débouchés pour accéder à la mer.

De même les approvisionnements en produit de première nécessité transportés à partir de Maiduguru (État du Bornou) au Nigeria visant Gambarou, Fotocol  Kousseri au Cameroun, et Djamena sont presque à l’ arrêt pour les mêmes causes.

Donc, la tentation est grande de viser le Congo Brazzaville qui a la situation la plus stable au plan économique et sécuritaire de la sous région et dont le port de Pointe- Noire constitue un atout important, Douala au Cameroun plus proche n’offrant  pas les mêmes assurances en raison de l’ insécurité au Nord Cameroun, frontière du Tchad.

Alors, pour mettre en oeuvre cette politique, il fait créer un périmètre de sécurité autour du Centrafrique qui a une longue frontière avec le Congo, s’en servir pour provoquer  des tensions, des troubles inter État et une situation de guerre devant affaiblir les pays voisins pour profiter des désordres afin d’ assouvir ses visées expansionnistes  et hégémoniques.

Quelques données confortent cette thèse:

Depuis le retrait des troupes tchadiennes de Bangui, accusées de soutenir seleka, la Centrafrique est balkanisée. Au nord du pays, frontière sud du Tchad, les miliciens seleka dont l’un des chefs Nouredine Adam et autres font la loi avec l’ aide du Tchad.

Des groupes armés sont formés et armés au centre de Moussoro au Sud du Tchad, ensuite déployés en Centrafrique comme troupes des seleka qui sévissent sur le territoire centrafricain et dont certaines sont  prépositionnées aux frontières sud au nord du Congo.

De même des armes type « galil » de fabrication israélienne et dont sont dotées la garde présidentielle tchadienne ont été retrouvées auprès des miliciens seleka.
Interpellés par la force Sangaris,  ceux-ci n’ont pu  justifier  leur origine.

Dans la même opitique, un rapport des Nation Unies sur les exactions en Centrafrique rendu public le 29 octobre 2014
fait également état de cette situation, sans que des réponses claires n’aient été donné à ce sujet.

Ces faits troublant montrent bien que la Centrafrique va servir de tête de pont de l’interventionnisme tchadien pour des menées expansionnistes,  subversives et hégémoniques de son chef.

Cette démarche surprend plus d’un observateur dans la mesure où, depuis des années, la sous région de  l’Afrique centrale tente de mettre en place un ensemble économique  sous régional pour une meilleure integration et facilitation des échanges, de la libre circulation des personnes et des biens.

De L’ Union Douaniere et Economique des Etats de l’Afrique Centrale (UDEAC), on est passé à la Communauté Monetaire et Economique des Etats de l’ Afrique Centrale (CEMAC), puis  à la  Communauté Économique des États de l’Afrique Centrale  (CEEAC), un ensemble sous régional plus englobant et plus ambitieux.

A travers le monde, la constance est que tout le monde est organisé en ensemble régional ou sous régional et dans ce monde planétaire, on ne peut être fort qu’en étant ensemble à l’ instar de l’ Union Européenne et autres.

Au regard de cette curieuse démarche qui ressemble étrangement à l’ époque des conquêtes et des envahisseurs du 19e siècle, leurs auteurs se trompent largement d’ époque et doivent apprendre à leur dépend que tous ceux qui ont voulu mener des politiques expansionniste et hégémonique par ou pour volonté de puissance (Hitler Saddam Hussein et autres) ont soit échoué, soit été vaincu.

L’ Afrique a besoin d’ une meilleure intégration en se mettant davantage ensemble dans l’unité, la cohésion et le respects des differences.
Toute autre manière de faire la fragilisera davantage et la laissera sans force à la merci des maraudeurs.

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