Que peut-on attendre du sommet Afrique- France de Bamako?

2 années déjà
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Le 27e sommet Afrique- France  se tient les  13 et 14 janvier à Bamako  dans un climat des plus inédits.

Une situation internationale faite de crise économique et financière aiguë qui frappe de plein fouet les pays africains, de changement de pouvoir dans la plus grande incertitude des revirements de Trump aux USA, surtout dans le tumulte pré électoral en France avec des positionnement également incertains.

En effet, pour le moment aucune indication ne peut donner lieu à des assurances ni à la gauche ni à la droite, ni à quel que autre candidat.

Au moment où la Chine tient  le flambeau de leader économique mondial, la Russie s’ affirme comme puissance mondiale défiant les USA.

Au milieu, la question du terrorisme bat son plein et le phénomène des migrants accule l’occident qui tarde y à trouver une véritable parade.

Ce sommet trouve l’ Afrique plus laminée que jamais, l’ Afrique du Sud, le Nigeria, l’ Egypte, ces grandes puissances sont secouées chacune soit au plan politique et économique soit au plan sécuritaire.

Plusieurs pays sont écartelés par les problèmes pré et post électoraux. La Lybie continue de brûler et de s’ enfoncer dans le chaos, le Mali lui- même  est confronté aux mouvements rebelles dans le Nord, le pays est presqu’en guerre. D’ ailleurs en raison de l’ insécurité certains chefs d’Etats risquent de décliner l’offre et se faire représenter.

Mais la France a soutenu le choix de Bamako pour rassurer ses partenaires de la solidité de son intervention par l’ operation Serval puis Barkhane qu’elle considère comme un veritable succès avec Sangaris en Centrafrique. La France voudrait aussi justifier de couver ce qui est encore possible dans sa zone d’ influence.

L’activisme militaire d’ Hollande dans l’ ancien pre-carré témoigne aussi du recul de la France dans la hiérarchie mondiale.  Il sait que l’ Afrique subsaharienne est la seule zone où la France peut continuer d’ exister sur la scène internationale.

Pour les africains,  à travers les opérations Serval puis Barkhane, Sangaris, Hollande tente de corriger en partie les erreurs d’ appréciation de son prédécesseur,  Sarkozy, grand initiateur de l’ opération en Libye ayant mis le bâton dans l’ essain d’abeilles.

Dès 2012 Hollande et Fabius, alors ministre des affaires étrangères,  ont fait de la défense des intérêts économiques français à l’ étranger,  mais surtout en Afrique, une priorité.

Cela s’est traduit notamment par la volonté d’aller chercher des parts de marché en Afrique anglophone et lusophone,  les régions les plus dynamiques du continent.  Avant 2016, le PIB du seul Nigeria était supérieur à celui de toute l’ Afrique subsaharienne francophone.

Mais durant son mandat, Hollande n’ a pas réussi à enrayer le déclin de la France sur le continent.  Sur l’ ensemble du continent,  La part de marché de la France est passé de 8,7 % en 2005 à 5,6% en 2015. Tandis que celle de la Chine progressait de 6,7% à 17,6% sur la même période,  selon une note du Trésor français.

Il n’ est donc pas surprenant que ce sommet ait pour enjeux essentiels les dossiers sécuritaires et économiques.

Hollande,  comme ses prédécesseurs,  subit de plein fouet la concurrence de la Chine mais aussi de l’ Inde et du Japon. Il faudrait que la France et ses dirigeants changent d’approche globale:  La France se conduit en Afrique en terrain conquis , avec arrogance.

Dans une telle incertitude, les Chefs d’ Etats africains tous presque frileux avec des situation socio économiques et politiques préoccupantes se contenteront de faire du conservatisme dans l’ attentisme, assurer chacun ses  arrières et affirmer la souveraineté de l’Afrique simplement.

Le Climat pré électoral, la conjoncture de reconquête de son espace de prédilection commande à la France de se retenir des ingérences dans  les affaires intérieures des pays tout en y veillant à ses intérêts.

Eteya biso!

Gobrazza.com