Le port de Pointe-Noire au bord du naufrage!

2 années déjà
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Jamais de mémoire de congolais, le Port Autonome de Pointe-Noire ( PAPN) dans son existence n’a frôler de si près le naufrage.

Sa situation se résume désormais en un navire qui navigue à vue en haute mer échappant au contrôle du capitaine qui ne sait plus quelle cap mettre, voué à un sabordage certain.

Le port est sans nul doute l’ un des maillons névralgiques de l’ économie congolaise. Sa place prépondérante dans les recettes fiscales hors pétrole ne fait l’ombre d’ aucun doute.

Son état de santé va de pair avec la vitalité de l’ économie nationale, et il est le baromètre des activités économiques, des prestations de service dans la ville océane Pointe-Noire, et par delà, le pays tout entier.

Or, il n’est un secret pour personne : les activités du PAPN sont en véritable baisse et ses recettes accusent vertigineusement le coup.

Si l’ On n’ y prend garde, sans être alarmiste, le port mettra la clé sous le paillasson, entrainant la détresse des milliers de familles et un cataclysme de l’ ‘économie nationale.

La vitalité du Port est un problème à haute portée nationale. Il ne devrait pas être confié à des mains inexpertes.
Il doit par contre faire l’objet de toute l’attention de la nation et de ses dirigeants, pour ne pas laisser aller à l’abime ce fleuron de l ‘économie du pays avec ses enjeux sous régionaux.

A ce rythme, il risque de perdre sa vocation de plaque tournante et de porte d’ entrée en Afrique Centrale au détriment des  autres ports de la sous région qui deviennent de  plus en plus  compétitifs et performants .

Quelle est la situation actuelle du port:

Il y a 2 ans,  le PAPN affichait un chiffre d’affaires de 30 milliards, mais aujourd’hui, il est tombé à moins de 8 milliards.
Avec la baisse des activités, les recettes mensuelles n’ excédent plus 500 millions cfa contre 1 milliard de dépenses pour la même période.

Le port n’ étant plus en capacité de supporter ses charges et de subvenir à ses besoins, puise dans ses reserves.
Si tant est, il n’y a pas une autre explication plausible à cela, il y a visiblement un problème de management et de détermination des priorités en cette période de fébrilité et de tous les dangers.

La réalité portuaire prouve à suffisance que chaque fois que des managers extérieurs à la maison sont venus aux affaires,  l’expérience a tourné court et le bateau a toujours pris de l’ eau.

En revanche,  les cadres maison ont toujours su traverser les tempêtes et maintenir le cap pour le grand bien du pays, quand bien même la perfection n’est pas un gant qui s’adapte à toutes les mains.

La situation critique actuelle du port nonobstant l’environnement de crise internationale tire ses causes de l’ appropriation insuffisante par les cadres dirigeants de l’ exploitation portuaire et des attentes de sa communauté.

A l ‘évidence, la gouvernance actuelle du port est très en deçà des attentes de la communauté portuaire et se traduit chaque jour par une dégradation continuelle des indicateurs de performance. ( baisse du trafic général, délai de passage anormalement long et coût de plus en plus élevés, un régime de taxations obsolète, dépréciation continuelle des offres de services portuaires, et bien d’ autres faiblesses).

En plus, certains mauvais choix tels l’institution d’ une taxe sur le contrôle technique des conteneurs jugée contre productive et autres, alimentent  le déficit  managérial en ces temps de crise.

En effet, comment comprendre la course effrénée vers l’expertise extérieure très onéreuse pour des études dont l’ opportunité n’ est pas avérée en ces temps où les recettes de l’ entreprise ne répondent pas.

A ce jour, 12 sociétés sont engagées pour des études dont les plus coûteuses sont confiées à Consulting cap influence ( 323 millions); Antea France (312millions); PLT Consulting ( 267 millions); SEIGC (198millions); Geo Consulting (183millions); IDEA sarl ( 158 millions) et autres.

Notons que ces études sont  exécutées à un rythme très accéléré et ont déjà ponctionné le budget d’ investissement à hauteur de 1,7milliard sur 1,9milliards prévus.
Ceci,  sans égard pour la situation critique des recettes actuelles de l’ entreprise qui sont depuis passées bien loin en dessous du seuil critique.

Par ailleurs, la direction générale du port signe  des marchés de gré à  gré de plus de 500 millions et l’ argent est  d’ office décaissé, alors que dans les mêmes temps, un petit marché de fourniture de bureaux se fait par appel d’offre.

Toutes ces pratiques on ne peut plus suspectes étonnent l’observateur averti qui s’ interroge sur leur vrai mobile en ces temps de haute tempête où la priorité doit être orientée  vers les moyens de renflouer les caisses de l’ entreprise et non de les saigner outrageusement.

Le défi consiste à cette étape critique à sauver ce navire qui chavire inexorablement dans une sorte de suicide collectif.

Il convient donc  de relancer le port en 2017, le rendre plus compétitif en portant les actions de facilitation et de simplification du passage portuaire au centre de la politique budgétaire.

Ceci, en prêtant  aux opérateurs une oreille attentive, celle qui a la compréhension de leur métier et des risques associés.

Pour un tel challenge, il faut compter sur des hommes qui repondent à des critères de compétence, de probité, ayant une expérience avérée dans l’exploitation  portuaire.

Ces hommes doivent être capables d’ inscrire la gestion du port dans un processus permanent de conciliation entre les injonctions légitimes de performance de la part des institutions qui gouvernent et les forces du marché qui participent à la détermination des politiques et des fonctions déployées.

Sauver le port autonome de Pointe-Noire est à ce prix…

Eteya biso!

Gobrazza.com