RDC! L’opposition emboîte l’envers de la table ronde de Bruxelles de 1959

2 années déjà
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Etienne-Tshisekedi

Il y a quelques semaines des opposants au régime du président Kabila se sont réunis à Bruxelles autour d’Etienne Tshisekedi  pour pondre une sorte de mémorandum relatif à la situation politique en RDC.

Ces recommandations ont tout de suite été balayées d’un revers de main par la mouvance présidentielle à Kinshasa qui appelle plutôt à un dialogue que cette même opposition n’entend pas y prendre part.

Dans ce dialogue des sourds, les positions sont tellement tranchées  dans l’approche à privilégier pour sortir le pays de l’impasse dans lequel il se plante, que le pays oscille entre les partisans du besoin de dialogue et ceux du fait accompli.   Il faut craindre une escalade de la violence.

Les deux camps ont fait une démonstration de force par des manifestations monstres à Kinshasa particulièrement.

Mais, au delà de la liberté qu’il faut reconnaître à chaque camp de s’exprimer au nom de la démocratie, l’on peut s’étonner que l’opposition choisisse d’aller pratiquement vendre le pays à Bruxelles comme pour s’inscrire davantage sous la tutelle du « grand prête ».

TableRonde-m6d5utd4amgi61gqlfzickkkqhxfqp61qips0s4skgIl faut rappeler que les illustres de la table ronde de 1959 Kasavubu, Lumumba, Bolinkango, Kalondji, Kamitatu Kanza et autres étaient allés à Bruxelles pour affirmer leur patrie, s’affranchir du colonisateur  belge et exiger l’indépendance qu’ils ont obtenus malgré leurs différences.

Cette démarche patriotique est tout à fait à l’opposé de celle de la coalition de l’opposition faite des éternels résistants comme Tshisekedi, des aigris et frustrés du pouvoir comme les Kamerhe, Olivier Kamitatu et autres opportunistes, lesquels comme dans une pièce de théâtre ont servi et distrait le peuple congolais de la RDC par cette épisode de Bruxelles.

Ils ont certainement oublié pourquoi Bemba est en prison, pourquoi sont morts et comment ont été tué Lumumba, Kabila Laurent Désiré, et même Mobutu qui a été lâché comme un chiffon  par ses maîtres, les mêmes auprès desquels l’opposition va chercher caution.

Maintenant, il ne faut plus s’étonner ni s’offusquer qu’il y ai des substitutions de souveraineté comme dans l’affaire du général Kanyama, quels que soient ses responsabilités avérées ou non.

Mais jamais et au grand jamais, il ne sera donné à la justice de la RDC de connaître des crimes de meurtre des noirs américains par les policiers blancs aux USA, au motif  que la justice a été mal ou pas du tout rendue.

Dans ces velléités de vouloir impliquer les métropoles dans les affaires internes des Etats, à faire retourner les pères des indépendances africaines dans leurs tombes, c’est tout comme leurs frères d’en face au Congo Brazzaville où les opposants cherchent et veulent impliquer coûte que coûte Hollande dans les problèmes internes du pays.

Ceci,  afin qu’il se prononce dans le sens de leurs intérêts, dans une forme d’ingérence contre laquelle les pères des indépendances africaines se sont élevés et ont combattus.

Pourtant, Hollande s’est déjà prononcé et de manière tellement claire que autre commentaire relèverait de la compromission de la souveraineté nationale.

Il a dit en substance c’est le droit du président Sassou de consulter son peuple, ensuite il faut consulter, rassembler et rassurer.
Qu’est ce qui peut être plus clair pour toutes les parties?

Autrement dit, les élections ne sont pas une fin en soit, il faut poursuivre le dialogue et l’apaisement, donc la paix pour un développement démocratique et multidimensionnel du pays.

Pour revenir à la RDC, ça ne fait pas sérieux les entreprises de cette frange de l’opposition, car une aile se disant républicaine s’est prononcée à Kinshasa contre cette déportation en Belgique de la situation politique interne de la RDC.

Pourtant, la Belgique connaît également des crises politiques où parfois elle reste jusqu’à plus de 6 mois sans 1er ministre.

Mais jamais, les acteurs politiques ne se sont exilés à Kinshasa pour régler leurs problèmes. Plus est, ces opposants n’ont pas été invités par la Belgique.

Comment peut- on refuser de dialoguer au pays, s’exiler à Bruxelles et pondre  des recommandations qu’il faille appliquer sans égard pour le pouvoir en place.

Ce n’est rien d’autre qu’une fuite en avant pour emprisonner le processus  politique  dans une sorte d’impasse et préparer ainsi le lit de la violence, entretenir les tensions, pérenniser l’action de la Monusco, favorisant cette sorte d’Etat Bismarkien dans l’Est de la RDC à dépecer,  où tous les maraudeurs viendraient se servir de la charogne.

Toute cette agitation relève de la diversion parce-que le problème essentiel réside dans la capacité du pays à organiser les élections. Or tout le monde sait que dans les conditions, actuelles aucune élection ne peut se tenir dans les délais prévus.

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L’évidence est que le mandat de Joseph Kabila arrive à son terme, que les élections ne pourront se tenir dans les délais impartis et avant la fin de  l’année, que par conséquent Kabila restera au pouvoir tant qu’il n’aura pas fait la remise des reprises  avec son successeur, que la Cour Constitutionnelle a acté plus précisément cette disposition.

Or, le Successeur de Kabila ne peut provenir que des suites des élections.
Donc c’est plutôt l’opposition qui a tout à gagner en acceptant de participer au dialogue afin de faire prévaloir leurs désidératas.

Tant qu’elle tergiversera à se braquer et en opposant un bras de fer au pouvoir en place, ça ne sera ni dans son intérêt, ni dans celui du peuple congolais.

Il ne faut pas oublier que Tshisekedi après avoir semé le peuple et l’ayant distrait et dissuadé à ne pas se faire enrôler en 2006, consigne largement suivi dans les deux Kassaï et certaines autres provinces, a laissé ce même peuple au bord de la route, assistant à l’élection de Joseph Kabila qui avait fait le plein dans l’Est, au bas Congo dans le Bandundu, où l’enrôlement était plus effectif.

En considérant que la population électorale n’est pas la population totale et générale d’un   pays, dans ces conditions, l’on ne pouvait plus s’étonner et accuser de fraude le fait que certaines localités de l’Est à l’époque visiblement moins peuplés, aient un pourcentage d’électeurs plus important que certaines autres localités assurément plus peuplées du Kassaï et autres.

Cette situation peut s’apparenter une fois de plus à celle qu’a  connu son voisin le Congo Brazzaville.

En effet après un référendum  fortement contesté et boycotté en octobre 2015, dès que les opposants avaient accepté de participer à la présidentielle du 20 mars 2016, ils ont par ce fait validé et cautionné de fait le processus contre lequel ils se sont braqués.

De ce point de vue, ils ne peuvent plus au motif d’illégitimité contester éternellement les résultats du scrutin présidentiel pour lequel un contentieux a  été plus est, vidé par la cour constitutionnelle.

A l’évidence, l’impératif consiste donc à créer les conditions pour un dialogue afin  d’une meilleure gouvernance en RDC.

Faire autrement c’est faire le jeu des prédateurs occidentaux qui n’attendent que le tumulte pour faire davantage main basse  sur les richesses de ce pays continent.

Enfin et pour tout dire, le peuple de la RDC devra être plus vigilant et ne plus se faire embarquer dans ce type de bateau qui ne vogue que dans la tempête.

Il doit revendiquer son droit à décider de la vie de la nation. Il doit donc exhorter les hommes politiques à s’asseoir autour d’une table, loin du cirque de Bruxelles  pour créer les conditions d’une meilleure expression démocratique…

Monoko na ngai nganga!

Eteya biso!

Gobrazza.com