« Rupture » et festivités du 08 mars à Brazzaville!

4 mois déjà
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nefer_ignani

Le ministère de la promotion de la femme organise un grand défilé de masse ce 8 mars au boulevard des armées à l’occasion de la journée internationale de la femme.

Les congolais croyaient l’ époque des défilés en masse à l’occasion de telle ou autre évènement révolue, en dehors de la fête nationale d’ indépendance.

C est ainsi qu’on a vu disparaître les défilés des travailleurs (CSC) et  URFC, au beau vieux temps du parti unique.

Ces disparitions ont plutôt été dictées par la conjoncture économique difficile d’ ajustement structurel à l’ époque que par la déliquescence de ces organisations de masses à la veille de la conférence nationale souveraine.

Mais diantre qui a encore ravivé cette flamme, gouffre financier en ces temps de disette ?

La problématique de la célébration de la fête internationale de la femme s’  est souvent posée ces dernières années au Congo.
En effet, des femmes averties ou simplement des  intellectuels se sont élevés pour dénoncer la chosification de la femme  à se complaire dans un scénario qui consiste à  commander, vendre et porter des pagnes à cette occasion, se perdre dans des activités de réjouissance absolument.

Ceci sans prise de conscience ou connaissance même de l’ intérêt ou de la signification de cette journée.
De même sans impact réel pour la femme et sur la femme en général, sinon les revenus que ça rapporte à ceux où celles qui ont commandé ou vendu ces fameux pagnes.

Ainsi, en pleine crise, sans véritable motivation pour l’ensemble et l ‘intérêt de tous, les femmes des administrations sont à coup de note de service sommées
de participer au grand défilé du boulevard des armées le 8 mars.

Comme il fallait s’y attendre les organisations se sont employées à mettre à leur disposition des pagnes et 10000 frs à chaque femme pour les frais de couture.

Aussitot des grognes ont vu le jour dans certains départements au plan de la dotation de 10000 frs  qui a fondu comme peau de chagrin.

Les femmes n’ ont reçu en définitive que 5000 frs, Or aucune couture digne de ce nom, même la plus simple ne vaut ce coût  là.

L’argent dégagé en ces temps de vaches maigres apparaît comme une lueur d’espoir pour le département en charge de la femme afin de galvaniser tant soit peu le monde féminin dans un climat national morose.

La réalité est qu’ après, ce rassemblement donnera l’impression d’une belle mobilisation, que tout va bien, alors que les femmes ont bien d’ autres soucis dans l’ensemble, pendant que les organisateurs se frotteront  certainement les mains.

Au demeurant, les congolais, femmes comme hommes interrogés vous disent qu’ ils broient le noir par ces temps de « rupture ».

Les travailleurs ont de plus en plus du mal à joindre les bouts du mois et peinent à rejoindre leurs lieux de travail.

Les itinéraires des transports en commun comme  un malheur ne vient jamais seul sont de plus en plus morcelés, ce qui ajoute un peu de piment à leur  pénible vécu  quotidien.

Le besoin de montrer une nation unie et  prospère est un objectif noble, mais la rupture prônée par le Chef de l’ Etat loin d’ être un slogan doit permettre à chacun d’être rationnel et de se concentrer sur l’ essentiel.

Que vaut un défilé le 8 mars dans l’illusion d’ enthousiasme devant un océan de préoccupations nationales.

Le Congo aurait gagné ainsi que les femmes à l’ occasion de la fête internationale, si cette année de vaches maigres, les moyens mobilisés pour les réjouissances aient pu servir à acheter par exemple  quelques tables ou lits d’accouchement dans les hopitaux À.  Cissé  ( Pointe Noire ), maternité de Ouesso, kibangou, de Loutété, Mindouli, Abala ou Bambama…

Eteya biso!

Gobrazza.com