Sassou-Nguesso! Message à la nation, des attentes déçues?

2 mois déjà
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Le discours le 14 août dernier du président de la République à l’occasion de la célébration du 58e anniversaire de l indépendance nationale, très attendu du reste a été diversement apprécié au sein de l’opinion nationale.

Les congolais dans leur ensemble avaient des attentes légitimes en raison de la nature de la conjoncture actuelle faite de beaucoup d’incertitudes face à une crise multidimensionnelle qui accable au quotidien la vie des citoyens.
La presse nationale à travers plusieurs publications, émissions radio télé, des opinions recueillies au sein des populations elles mêmes, avait donné le ton de ces attentes. Gobrazza en avait résumé quelques unes, sans qu’elles ne soient exhaustives.
15.16.17
Il s’agissait de la consolidation de la paix entamée par la signature des accords de Kinkala,  de la consolidation du climat national apaisé à travers la poursuite de la mise en place des instances de dialogue et de la démocratie, tel le conseil national de dialogue et autres.
Ainsi que des gestes forts comme la libération des prisonniers politiques, suivie d’autres actions visant le retour de la confiance et de la concorde nationale. De même que les assurances quant à la situation financière du pays et notamment des négociations avec le FMI dont l ‘examen ne fait qu’être reporté depuis là.
De toutes ces attentes qui peuvent paraître opportunes, les congolais sont restés sur leur soif en ayant l’impression que le chef de l’ Etat a surfé sur ce qui est essentiel.
Le seul espoir réside désormais dans le fait de se dire que le président voit ce que tout le monde ne voit pas, il voit plus loin que tout le monde.  En tant que locomotive, il sait lire dans la projection et anticiper les événements par la prévention, au dessus des passions. Présidant aux destinées du pays, iI ne saurait et ne  pourait agir dans l’enthousiasme. Faut-il se satisfaire juste de cela faute de mieux? rien n’est moins sûr.
Pourtant, les équilibres sociaux ne tiennent plus qu’au versement élastique des salaires des fonctionnaires pendant que la grogne sociale couve avec des velléités de revendications qui se réchauffent dans certains milieux tel CHU, université, les étudiants, les enseignants et autres.
Le PND très ambitieux vient d’être adopté. Malgré l’accent mis sur la diversification de
l ‘économie, l’education très budgetivore, la source de financement essentielle de toutes les prévisions budgétaires demeure le pétrole.
Or ce secteur dont la baisse des cours est la principale cause ayant engendré la crise et effondré les équilibres macro économiques subit des variations et fluctuations importantes dont le pays n’a de maîtrise.
02 15.16.18
Gagé sur le long terme, le pétrole a des cours qui connaisent une certaine remontée ces derniers temps dont le Congo ne peut malheureusement pas complètement bénéficier en raison du poids de la dette extérieure, d’où la nécessité de conclure un accord avec le FMI pour obtenir la garantie de  s’ouvrir à d’autres financements.
Or en l’Etat, selon des informations glanées des milieux proches du ministère des hydrocarbures et de la SNPC,  le pétrole congolais ne serait plus vendu actuellement qu’à la Chine afin d’éviter les saisies et autres difficultés. 
Si cela peut constituer une solution conjoncturelle pour l’heure, à long terme le Congo n’est pas à l’abris des caprices chinoises, puisqu’ il n’aura pas d’ ici là d’autres choix.
De ce point de vue, lorsque dans son message à la nation, le président de la République affirme que le Congo n’est pas en banqueroute, c’est très encourageant en cette période de morosité. En revanche, rien de concret dans ce discours ne donne de garantie à une sortie de crise, tant sur les moyens que sur les délais.
Au demeurant, la crise se fait de plus en plus criarde dans tous les secteurs de la vie. L’ on assiste à un vrai ralentissement de l’économie nationale où les chiffres d’affaire des entreprises ne fait que baisser, et certaines mettent la clé sous le paillasson.
Même les grandes boîtes comme Brasco sont obligés de brader leurs produits. Désormais 4 bouteilles de bière primus sont vendues à 1000frs.
Malgré la disposition des produits lubrifiants, il devient difficile de se procurer la monnaie dans les stations services, faute de vente timide.
La monnaie circule difficilement. Même les pièces deviennent rares en raison de la lourde thésaurisation par les petits épargnants de misère entre autre.
Par ailleurs, dans les marchés les acheteurs se font rares et les produits traînent pour l’essentiel provoquant des méventes.
La dette intérieure est bloquée, les opérateurs ne peuvent créer de la richesse. Dans les hôpitaux la situation est catastrophique.
La rentrée scolaire pointe à l’horizon avec sa cohorte de maux.
Les éléphants blancs de la municipalisation accélérée  se meurent davantage au point où l’on peut se demander à quoi aurait servi tout ça pour un tel gâchis?
La saison sèche a mis en sursis  le drame des sinistres dû aux érosions et autres dégradations des routes comme à Mouhoumi, Mfilou, Makabandilou et route rapide de Moukondo, à Brazzaville pour ne parler que de cela.
A la première pluie, les pleurs, les plaintes, les lamentations, les difficultés de transports et de déplacement y relatifs seront de retour sans aucune garantie de solution.
Le pays est véritablement en face d’un tableau d’une crise profonde dont le seul discours du chef de l’Etat sans suggestions concrètes et  pratiques, sans mesures drastiques ne saurait résorber.  
Eteya biso!
Gobrazza.com