Et si Sassou-Nguesso parlait! Acte 2

7 mois déjà
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L’ envolée oratoire d’un député lors de l’interpellation du gouvernement vendredi dernier à Brazzaville  défraie la chronique et les reseaux sociaux  s’ en délectent, car cet élu a dit tout tout haut ce que le peuple pense tout bas.

Voilà qu’un Député de la majorité, prenant son courage à deux mains vient, en pleine séance briser le mur de glace qui entoure la gouvernance en question. S’est-t-il tiré une balle dans le pied ? Nous ne saurons le dire.

Si l’on veut convenir d’un Congo qui n’a pas besoin de la dictature de la transparence, l’exigence de la transparence et de la bonne gouvernance s’impose à tous.

Toutefois, prudence : rira bien qui rira le dernier dit l’adage. Avant de lapider autrui  il faut s’assurer soi même que l’on a rien à se reprocher.

C’est ici qu’ au delà de tout, Sassou-Nguesso demeure le plus grand éléphant sur le dos duquel les branches cassées par les singes tombent. Sassou, en sa qualité de premier citoyen,  a des comptes à rendre au peuple profond, à la jeunesse et à ses honnêtes compatriotes qui attendent de lui un sort toujours meilleur ; le pays dont il a la charge de conduire la destinée est doté d’immenses richesses naturelles qui font pâlir d’envie certaines nations.

Mais combien sont -ils vraiment dignes de lui demander des comptes au sein de la classe politique actuelle, au sein des administrations apprivoisées, personnifiées.

La diaspora ou plutôt les congolais de l’ étranger peuvent revendiquer une meilleure gouvernance pour n’ avoir simplement  pas participé au bal masqué de dilapidation des fonds publics congolais.

Sassou-Nguesso ne parle pas toujours parcequ’ il sait que de tous ceux qui jasent personne n’est digne pour avoir à un moment où à un autre puisé dans les caisses de l’ Etat, et ce sans exclusive pour tous ceux qui ont participé à la gestion de la chose publique depuis 30 ans au moins, sinon plus.

Sans  compter que le pillage de l’État s’est accentué de façon abjecte depuis fin 1997 à ce jour.

Aussi curieux que cela puisse paraître on attend toujours et toujours du Président des sanctions.

Pourtant personne n’a jamais attendu le président pour détourner les fonds publics suivant des méthodes savamment organisées. Il n’est un secret pour personne que les grandes sociétés nationales ou directions générales font des rétrocessions hasardeuses, achètent des véhicules et accordent des gracieusetés à leurs hiérarchies et autres dignitaires.

Les responsables de la megestion à tous les niveaux de la nation n’ont jamais pris leurs responsabilités de commander, de faire leur introspection. Surtout ne leur demandez pas de se remettre en question.

Alors qui est voleur et qui ne l’est pas?

– il y a quelque années, le simple fait  d’entreprendre un chantier ou acheter une  voiture haut de gamme et de mener un train de vie ostentatoire suffisait pour que les « services » compétents vous demandent de justifier la source de vos revenus. Aujourd’hui où chacun est trempé dans les mêmes pratiques qui va demander des comptes à qui?

– le député qui a sonné la charge aura à n’en point douter le même courage de pousser ses investigations afin de connaitre, avec quel budget et par quel plan de développement certaines bourgades sont devenues des cités.

De même, la représentation nationale se posera la question de savoir avec quels moyens certains  cadres ont pu se constituer un immobolier colossal y compris dans leurs villages.

– il importe également d’ auditer toutes les campagnes électorales des ministres et directeurs généraux en quête de mandant électif depuis 2002 à ce jour, on en saura des choses.

Il suffit d’interpeller les fameux opérateurs économiques accrochés aux finances de l’Etat qui ont composé avec ces ministres et autres responsables pour organiser des marchés fictifs, détourner des crédits, saper des chantiers, se renflouer les proches et financer leurs campagnes électorales.

En cas de besoin, des enquêtes minitueuses seront en même de dévoiler les noms ainsi que ceux  des opérateurs dont certains sont des étrangers,  avec lesquels toutes ces magouilles ont lieu.

– Qui a oublié le bic rouge du ministre Rigobert Andeli et le bien qu’il a fait au trésor public, même s’il était accusé à tort ou à raison de percevoir des fortes commissions sur le paiement de la dette extérieure courant ces années là .

Ce bic rouge débusquant les faux opérateurs qui s’aglutinaient comme des essains d’ abeilles au trésor public et ayant arrêté semble-t-il l’hémorragie financière due à la guerre du Pool.

– Quelle discipline budgétaire peut – il y avoir  lorsqu’ un certain ministre des finances réputé rigoureux allait prendre lui même ses salaires ou arrières dans des sacs « guiri » au trésor public.

Lorsqu’un autre est en procès sous d’autre cieux Belgique pour fonds importants confisqués faute de justification, lorsque les lignes budgetaires ne sont pas respectées et la fameuse programmation chargée de faire des arbitrages s’est plutôt lancée dans des accrobaties d’affectation de crédits en n’en plus finir.

– l’exigence de transparence voudrait que tous les petits commis des régies financières et autres administrations  justifient eux aussi comment et avec quel argent ont-ils pu acquérir des dizaines de terrains de construction à Brazzaville et à travers le pays, construire des immeubles et s’ acheter des voitures de luxe.

Cette transparence touchera également le domaine où subitement femmes, enfants, cousins et cousines, époux ou épouses des Ministres et Directeurs généraux sont devenus des opérateurs économiques avec des chantiers jamais achevés, des marchés outrageusement surfacturés.

Bien évidemment que l’exigence de transparence incombe avant tout aux différents gouvernements qui se sont succédés à la tête  de l’ Etat et qui ont eu en charge la gestion  des grands chantiers nationaux conformement aux programmes de developpement arrêtés et qui pèchent faute d’ exemplarité.

Les congolais veulent comprendre si les sommes colossales engagées pour les travaux de la municipalisation accélérée correspondent aux réalisations effectuées à cet effet sur l’ensemble du territoire national où l’essentiel des problèmes auxquels sont confrontées les populations  restent toujours posés.

Les congolais veulent savoir si l’ émiettement des ressources nationales est le seul fait de la chute des cours pétroliers.

Ceci est faisaible dans le cadre de la transparence, l’efficacité pour  la bonne gouvernance.

Ceci permettra de rompre avec l’impunité et que personne ne se sente au dessus ou ne nargue le peuple.

Que chacun comprenne que les cadres choisis pour diriger telle ou autre structure de l’État le sont au nom de la collectivité et non de leurs familles biologiques ou politques respectives.

Ce député est le seul qui a eu le courage de dénoncer publiquement en milieu autorisé les dérives et manquements du gouvernement en allant jusqu’à interpeller le 1er ministre à sanctionner les ministres ayant visiblement manqué à leurs obligations.

Et partant, c’est le président de la République qui est interpellé.

Denis-Sassou-NGuessogobrazz

Mais la classe politique actuelle est- elle prête à se faire violence pour repondre devant le peuple si Sassou parlait?

Il faut qu’il soit clair pour tous les gouvernants que si le bateau actuel chavire, c’est tout le monde à bord sans exclusive qui ira à  l’eau.

Alors, il est temps de respecter la démocratie, de conduire le mandat actuel de Sassou à son terme, de cesser les gesticulations et les odieux plans de prise de pouvoir concoctés dans les officines de tous bords.

Dans la situation actuelle du Congo, personne ne fera de miracle, sinon sceller le sort du Congo à l’abîme et a un endettement de plusieurs dizaines d’années.

Par ailleurs, les pistes de renflouement des caisses de l’ Etat sont nombreuses. Au lieu que les services des impôts, douanes et autres harcèlent les commerçants qui peinent à maintenir leur chiffre d’ affaires qui s’etiole inexorablement, il faut par exemple commencer par imposer des taxes aux citoyens qui possèdent au moins deux maisons.

L’exigence de transparence doublée de la pression des institutions financières  internationales commandent de saisir le taureau par les cornes pour que l’horizon congolais soit éclairci.

C’est ici qu’il faut saluer l’initiative  de cet élu du peuple qui a eu le mérite de délier les langues…

Eteya biso!

Gobrazza.com