POURQUOI SASSOU-NGUESSO VEUT LIQUIDER LA SNE/SNDE?

6 mois déjà
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Les deux seules vaches à lait qui restaient au Congo faisant la fierté nationale vont disparaitre pour laisser place à plusieurs entités nouvelles qui naîtront sur les cendres de ces deux mastodontes que sont la  SNE et la SNDE.

Les agents de ces deux entités avant tout et les populations doivent-ils s’attendrent à des lendemains  très sombres? Rien n’est moins sûr.

En revanche, c’est l’une des rares fois que Denis Sassou-Nguesso peut être  comblé depuis son retour aux affaires pour avoir vu un de ses ministre en l’ occurrence Zoniaba mener une réforme   à son terme.

On en sait quelque chose sur des sujets comme la gratuité de la césarienne, la prise en charge du paludisme chez les enfants et autres, des orientations du président de la République à caractère social, demeurées des slogans creux.

C’est aussi l’occasion pour le président Sassou au delà de toutes les pésanteurs de se débarrasser des parents, des frères de lumière et certains cadres ayant lamentablement échoué dans la gestion de ces entités, notamment la SNE et son directoire.

L’ exigence de performance, les appels à candidature et appels d’ offre seront désormais la norme.

Pour la situation de ces deux entreprises en cours de liquidation dont le décret a été pris en conseil des ministres, des clarifications sont néanmoins nécessaires.

En effet, pour la SNE l’ Etat a déclaré faillite et refuse de la liquider, de même ne précise pas s’il s’agit d’un  partenariat public privé ou d’une privatisation, c’est à  dire ouverture du capital aux investisseurs privés avec prise en compte du passif,  dont il se delaisse pour des raisons de charges et d’ impossibilité désormais de subventionner en rapport avec la crise économique que traverse le pays.

Or, on sait que le privé vient pour se faire de l’argent et non pour régler le social des travailleurs. C’est ce qui inquiète les travailleurs de ces deux entreprises.

L’ Etat n’a pas précisé s’il  s’agit  d’une dissolution liquidation, mais semble plutôt opter pour la dissolution avec maintien du même personnel, ce qui sous entend que c’est  une dissolution absorption.

Aujourd’hui, ce que l’opinion ne comprend pas c’est que l’ Etat reconnaît pourtant à la SNE les efforts accomplis  dans la fourniture des services aux consommateurs.

Ce n’est donc pas tant l’entreprise qui est en cause, mais plutôt  la gouvernance et le management supérieur  qui est à l’origine de la mauvaise gestion, et ce depuis toujours devant le regard complaisant de l’Etat qui intervenait et renflouait ses caisses par des subventions.

Pour illustration, l’année dernière les recettes de l’entreprise ont varié entre 5 et 6 milliards mensuels. Or la masse salariale y compris les prestations sociales peuvent s’élever à environ 2 milliards sinon un peu plus . Alors que fait- on du reste?

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C’est ici que la responsabilité du directoire est engagée, et depuis aucune sanction n’est jamais tombée, pourtant l’entreprise plombe.

Aujourd’hui, vu la conjoncture d’austérité, l’Etat n’est plus en mesure de  tenir ses engagements. C’est ce qui explique qu’il  veut s’ aider des partenaires privés afin d’améliorer la gouvernance et les performances. 

C’est également le coeur serré visiblement que Sassou- Nguesso est obligé de se résoudre à cette option visant des réformes profondes qui liquident l’un des derniers fleurons de la souveraineté et de la fierté nationale.

C’est dommage que ces mesures qui affectent durablement la condition sociale des travailleurs et la production des richesses nationales   ont lieu toujours dans le sillage des programmes et exigences du FMI.

Les congolais se rappellent que c’est à la suite du programme d’ ajustement structurel (PAS) à la fin des années 80 que l’essentiel des entreprises publiques ont été liquidées, et à ce jour plus de 20 ans après, l’Etat continue de payer les droits sociaux.

Pendant très longtemps, le centre ville de Brazzaville appartenait presqu’à

l’ ONPT et à l’ATC, voire Hydro Congo.

L’essentiel  des maisons de la ville étaient les propriétés de ces entités étatiques , à la santé financière resplendissante.

Puis, avec la mise en place d’un programme avec le FMI, il a été dit qu’ il fallait les restructurer pour améliorer leurs performances.

Aujourd’hui les ex- agents de l’ATC et de l’ONPT , Hydro Congo et autres sont les enfants les plus malheureux du Congo.  Leur parc immobilier a été totalement dilapidé.

Certains travailleurs sont morts misérables sans avoir touché un seul rond.

Pour reclamer leurs droits, les travailleurs de ces entreprises étaient reunis autour d’un comité  dirigé par un certain Eta Mongo.

C’est ce dont redoutent les travailleurs de la SNE et SNDE, d’où la nécessité d’une communication active et de l’implication de tous les partenaires sociaux afin de rassurer tout le monde.

Ceci, à l’instar de ce qui a été fait  lors de la cession de certains actifs de l’ANAC à AERCO, où des questions similaires s’etaient posées, et l’État avait usé de beaucoup de tact devant les syndicats chauffés à blanc de prendre la mesure de la chose et prendre les décisions qui s’imposaient dans l’intérêt de toutes les parties.

Au demeurant, selon des experts en la matière, on ne peut amener aux reformes qu’une entreprise qui depuis trois ans au moins présente des bilans positifs.

Or depuis des années la SNE  n’ a plus jamais eu des bilans positifs, mais s’est souvent aidée du CENAGES moyennant quelques interessements pécuniers pour valider ses comptes, apprends t- on des milieux des travailleurs.

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Pour ne pas davantage rassurer, le directoire de la SNE a précipitamment  organisé un test de recrutement le 5 fevrier dernier où n’étaient  concernés que les enfants des nantis, affirme une source proche du dossier.

S’agit t- il des nouveaux employés des nouvelles structures?.

Apparemment le conseil d’ administration avait semble t-il validé cette activité. Pourquoi donc avoir attendu ou choisi de le faire maintenant.

Comment dans ces conditions empêcher aux travailleurs de se méfier et de sentir leur emploi menacé.

Or pendant ce temps les tâcherons qui ont une certaine expertise dans la société, aucun projet d’ embauche ne leur est proposé.  Comment ne pas penser qu’ il s’ agit des manoeuvres tendant à liquider complètement l’entreprise.

Mais un grand signe d’espoir pouvant restaurer et maintenir la confiance tient au fait que le gouvernement a accédé au comité technique de suivi des réformes demandé par les syndicats en  signant le décret y afférent le 5 février dernier.

Ce ne sont pas tant les réformes qui inquiètent les travailleurs en particulier  et les congolais en général, mais bien plus les capacités de l’Etat et de ses dirigeants à les mener jusqu’ à terme, dans le respect des engagements pris et dans l’intérêt de tous.

Eteya biso!

 

 

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